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A$AP Ferg - Darold
Chronique d'album

A$AP Ferg - Darold

Note de la redaction6,5/ 10
Par Le Stagiaire·

La piste s’ancre dans le bitume. « Light Work », premier titre de Darold, ne sonne pas comme un hymne radio, mais comme une affirmation territoriale. DD Osama y pose sa voix jeune et directe, celle d’une génération qui réclame sa place sans négocier avec les anciens. Mais ce qui retient l’attention, c’est la densité des voix superposées: Bloody Osiris apporte son ton rauque, Soul II Soul décline un harmonie soul-funk, tandis que le chœur de The Alumni Ensemble of Harlem ancre le morceau dans une spiritualité communautaire. L’ouverture est collective, elle n’appartient pas à un seul homme.

Le retour en force après quatre ans d'absence

A$AP Ferg revient après une longue absence de la scène. Il s’agit de son premier projet depuis Floor Seats II (2020), un retour qui marque une étape dans sa carrière. Sur cinq albums studio référencés — après Trap Lord (2013) et Always Strive and Prosper (2016) — cet opus confirme qu’il n’est pas en mode hibernation, mais bien en reconquête d’un terrain.

Light Work: une ouverture collective ancrée dans la rue new-yorkaise

Le titre d’ouverture fonctionne comme un manifeste sonore. La présence de DD Osama, figure montante du drill new-yorkais, rappelle que l’album puise sa légitimité dans le terreau local. Soul II Soul et The Alumni Ensemble of Harlem apportent une dimension choral et spirituelle qui contraste avec la dureté des flows durs. C’est un mélange rare: l’énergie de la rue et la grâce de la voix soul se rejoignent sur un titre unique.

Allure et Demons: les collaborations de prestige imposent leur rythme

Si Darold est un album de retour, il ne s’impose pas seulement par son ancrage local. Il compte aussi sur des featurings qui résonnent au-delà du quartier. « Allure » accueille Future, l’un des noms les plus emblématiques du rap américain. Sa présence n’est pas anodine: elle confirme immédiatement le projet comme un retour aux standards du hit-making new-yorkais. Sur ce même titre, Mike WiLL Made-It apporte sa signature électronique, ajoutant une couche de production qui change radicalement la texture sonore. À l’inverse, « Demons » met en scène Denzel Curry, connu pour son flow agressif et ses textes introspectifs. Sa collaboration avec A$AP Ferg introduit une tension rythmique brutale, loin des mélodies douces.

Une production hétérogène entre signature Mike WiLL Made-It et absence de producteur

L’un des aspects les plus marqués de Darold est sa diversité sonore. Cette absence de signature instrumentale suggère que l’album repose avant tout sur le flow vocal d’A$AP Ferg plutôt que sur une identité sonore unifiée par un producteur. C’est un choix audacieux qui donne à chaque morceau sa propre couleur, mais qui peut aussi laisser percer une certaine hétérogénéité dans l’ensemble du disque.

L’album se termine sur une note plus personnelle. « Darold », dernier titre, accueille Nikki Nelms pour une collaboration intime. Ce n’est pas un hit commercial, mais une conclusion qui semble adressée à quelqu’un ou quelque chose de spécifique. La voix de Nikki Nelms y est douce, presque confidentielle, ce qui contraste avec les titres plus bruts du disque. Cette piste ferme l’album sur une note introspective, comme si A$AP Ferg voulait laisser la dernière parole à un proche ou à lui-même.

Darold est un album qui fonctionne par oppositions: entre la rue et le studio, entre le solo et les collaborations, entre le street-rap et la soul. Il ne cherche pas l’unité sonore, mais plutôt la coexistence de registres différents. Mary J. Blige y joue un rôle central en apportant une dimension mélodique qui change radicalement le projet. Les featurings comme Future ou Denzel Curry confirment que ce retour est aussi une affirmation commerciale et artistique. Mais c’est l’ouverture collective, avec DD Osama et le chœur de Harlem, qui donne au disque son âme: celle d’un rap new-yorkais qui ne se contente pas de revenir, mais qui réinvente ses propres codes.

Fiche technique

- Sortie : 8 novembre 2024 - Label : RCA - Titres : 12 (40 min 37 s) - Ouverture / clôture : Light Work / DAROLD - Invités : DD Osama, Bloody Osiris, Soul II Soul, The Alumni Ensemble of Harlem, Dapper Dan, Future, Mike WiLL Made-It, Denzel Curry, Coco Jones, BLKPRL, Elmiene, Mary J. Blige …

🎬 Les clips de l’album

12 clips · lecture à la suite

Titres

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🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 28/09/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Janice STFU— Drake
  3. 3Dead Fresh— Lil Baby
  4. 4Folded— Kehlani
  5. 5What You Need— Tems
  6. 6Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign
  7. 7AH HA— Cardi B
  8. 8Spend Dat— Yung Miami
  9. 9So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  10. 10Shabang— Drake

Chronique publiée le 02/10/2026 · Albums

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