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Adekunle Gold - Catch Me If You Can
Chronique d'album

Adekunle Gold - Catch Me If You Can

Note de la redaction7,0/ 10
Par Le Stagiaire·

Born Again, premier titre du disque, pose d'emblée les termes d'une introspection solitaire. Ce morceau d'ouverture engage l'artiste dans une quête qui précède immédiatement la piste suivante, Win, sans que la tracklist ne suggère encore le retour des voix étrangères. La présence de Fatoumata Diawara sur cette même première piste apporte une touche d'authenticité culturelle et de profondeur vocale soulignant la connexion à l'héritage. Cette alliance ancre dès les premières minutes du disque un projet qui oscille entre la rusticité highlife des origines et une pop moderne, créant un son où s'alternent influences traditionnelles et contemporanéité internationale.

L'écriture d'un disque entre Los Angeles et l'héritage Highlife

L'écriture de cet album s'est déroulée en grande partie à Los Angeles durant une tournée américaine, loin des studios nigérians. Cette période a permis à l'artiste d'envisager le projet non pas comme une simple suite à Afro Pop, Vol. 1 (2020), mais comme une œuvre distincte nécessitant une exploration particulière. La production musicale est assurée par Pheelz, Blaisebeatz, Seyifunmi, Tay Iwar, Synematik, Bigfish, Kali, Rymez, Lekaa Beats, Quebeat et TMXO, créant une palette sonore variée qui altère constamment l'ambiance entre textures locales et productions internationales. Ce contexte explique pourquoi le disque est parfois vu comme un projet de listes de tendances afropop plutôt qu'une composition cohérente, une tension qui se manifeste dès la sortie du label Afro Urban Records le 4 février 2022.

Le pari de l'authenticité: Fatoumata Diawara, l'ancrage spirituel

Le disque comprend 14 titres au total. Parmi eux, la collaboration avec Fatoumata Diawara sur Born Again se distingue par sa capacité à lier l'identité nigériane aux racines panafricaines plus larges. L'album Gold (2016), lui-même porté par une production de Pheelz, Masterkraft, B Banks, Sleekamo, Oscar et Seyikeyz, avait déjà posé les bases d'une carrière qui culmina au numéro 7 du palmarès Billboard World Albums en août 2016. Ce retour sur le thème de l'ancrage culturel contraste avec la démarche plus expansive de Catch Me If You Can, où l'artiste semble chercher à élargir sa portée sans sacrifier ses thèmes d'affection et d'optimisme.

L'effet Hollywood: quand Ty Dolla $ign et Davido ouvrent la porte aux charts

Si la solitude est le moteur du disque, les features servent de ponts vers des audiences globales. Ty Dolla $ign prend place sur One Woman en ajoutant une dimension R&B internationale, avec un investissement notable dans l'apprentissage du Yoruba pour l'interprétation. Davido renforce quant à lui la dimension panafricaine et le prestige via la collaboration d'un artiste nigérian majeur sur High. Enfin, Fousheé apporte une dynamique féminine et pop américaine à la composition sur Dior, Dior, Dior, complétant ainsi la diversité des collaborations internationales.

Le mur de verre: entre écriture intime et album 'to-do list'

Cette diversité des voix rencontre cependant une fracture artistique interne au projet. L'album est présenté comme une conclusion confiante et raffinée de son parcours antérieur, marquant une évolution notable vers un style plus intime et introspectif. Pourtant, certaines critiques notent que le disque manque parfois d'opportunité pour rapprocher la pop des racines highlife de l'artiste. La production minimale jugée trop fonctionnelle sur certains titres renforce l'impression d'un projet qui suit des tendances plutôt qu'une vision unifiée. Motolani Alake, dans sa critique pour Pulse Nigeria, souligne cette transformation en « Bad Boy Deks », mettant en avant la profondeur thématique tout en critiquant le minimalisme de certains passages. Cette double lecture, où l'œuvre rayonne comme le travail le plus intime et profond de l'artiste à ce jour, contraste avec les réserves d'autres médias qui y voient une simple liste d'exercices stylistiques.

L'équilibre fragile: prestige international vs authenticité de fond

Au final, Catch Me If You Can demeure un bilan d'un parcours sans fuite, où le prestige Def Jam Recordings s'efface derrière le maintien d'une identité nigériane singulière. De son premier single Sade (2015), nommé aux Headies 2015, à la sortie de Tequila Ever After (2023), cet album s'inscrit dans une continuité stylistique qui oscille entre familiarité et fraîcheur. L'envers du décor de la gloire y est mis en lumière: entre l'ombre des compositions solitaires comme Sleep ou Selah et la lumière des collaborations, l'album navigue entre la rue et les charts. Ce n'est pas un disque parfait, loin s'en faut, mais il reste un témoignage cinétique d'une carrière qui ose explorer de nouvelles frontières sans jamais abandonner ses thèmes fondamentaux. La réception critique varie ainsi entre ceux qui y voient une évolution significative et ceux qui déplorent le manque de cohésion globale, laissant l'auditeur seul pour trancher sur cette balance instable entre authenticité et conformité.

Fiche technique

- Sortie : 4 février 2022 - Label : Afro Urban Records - Titres : 14 (41 min 41 s) - Ouverture / clôture : Born Again / Catch Me If You Can - Invités : Fatoumata Diawara, Ty Dolla $ign, Lucky Daye, Stefflon Don, Davido, Fousheé - Album précédent : Afro Pop, Vol. 1 (2020)

🎬 Les clips de l’album

14 clips · lecture à la suite

Titres

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🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 19/10/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
  3. 3Janice STFU— Drake
  4. 4Quebec— Drake
  5. 5Dead Fresh— Lil Baby
  6. 6What You Need— Tems
  7. 7Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
  8. 8So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  9. 9WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
  10. 10Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign

Chronique publiée le 24/10/2026 · Chroniques

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