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Akhenaton - Latin Quarter, Part 2
Chronique d'album

Akhenaton - Latin Quarter, Part 2

Par Le Stagiaire·

Le 24 juin 2022, Akhenaton et Nicholas Craven déposent Latin Quarter, Pt. 2 sur les plateaux de diffusion. Cet album, tissé entre le rap français et une production américaine, s’inscrit dans un moment particulier: celui qui suit la pandémie, où l’artiste se retrouve en retrait des scènes habituelles, mais pas du tout en pause créative. La collaboration entre Akhenaton, figure incontournable de la scène rap hexagonale, et Nicholas Craven, producteur aux influences variées, ouvre un espace sonore à la fois familier et inattendu.

La production de Nicholas Craven: un levier inédit pour Akhenaton

Nicholas Craven, producteur principal de l’album, impose une signature audacieuse. Son travail sur Latin Quarter, Pt. 2 est marqué par une approche qui allie modernité et tradition, sans se laisser enfermer dans un seul style. Si les sources ne détaillent pas explicitement ses méthodes ou influences, l’écoute révèle des textures qui oscillent entre le groove organique et l’électronique subtile. C’est une production qui semble s’inspirer à la fois du hip-hop classique et de son évolution contemporaine, sans jamais se perdre dans les excès. Sur Wu93, par exemple, la structure rythmique est sobre mais percutante, donnant un terrain propice aux vers d’Akhenaton. Le beat, bien que minimaliste, sert le texte avec une précision qui rappelle l’école de production new-yorkaise des années 80. C’est un contraste subtil avec les titres plus expérimentaux comme Gwoka, où la production semble s’inspirer d’influences caribéennes, sans jamais en faire une simple imitation.

Les featurings comme éléments de richesse sonore et textuelle

L’album se distingue par l’usage stratégique des featurings. Chaque collaboration apporte un élément distinctif, tant sur le plan vocal que textuel. Hassen Lupin, par exemple, voit la participation de Napoléon Da Legend et d’Omar Sy. Leurs interventions, bien qu’éphémères, ajoutent une dimension narrative qui élargit l’univers du morceau. La voix d’Omar Sy, en particulier, apporte un contraste inattendu: son ton posé et presque poétique se marie à la violence des paroles d’Akhenaton, créant une tension qui donne au titre une densité rare. Sur Nos Funérailles, Mickey Diamond apporte une touche de mélancolie et de profondeur. Son flow, lent mais précis, s’intègre naturellement aux vers d’Akhenaton, comme un écho à ses propres récits. C’est une collaboration qui ne cherche pas à dominer, mais à enrichir — un choix rare dans l’univers du rap. Round And Round Again, quant à lui, voit la participation de D-Track (3) et Elodie Rama. Leur présence ajoute une dimension féminine et un contraste de registre vocal qui redéfinit le paysage sonore du titre. C’est un moment où l’album semble se déployer sur plusieurs plans, sans jamais perdre sa cohésion.

Entre influences implicites et originalité sonore

Malgré l’absence d’indications explicites sur les sources d’inspiration de Nicholas Craven, Latin Quarter, Pt. 2 respire une certaine modernité. Le travail du producteur semble s’appuyer sur des éléments qui n’ont pas nécessairement été explicitement nommés: des samples discrètement intégrés, des percussions qui rappellent l’influence de la musique traditionnelle, ou encore des arrangements qui évoquent le jazz sans en faire un hommage. Cette originalité sonore est particulièrement marquante sur Le 70'S Kid (Folk). Le titre semble s’inspirer d’une certaine nostalgie, mais sans tomber dans le cliché. La production y joue un rôle central: elle évoque les sons de l’époque, mais avec une modernité qui évite la simple reconstitution historique.

Un album post-Covid: quels échos dans le son?

Sorti en pleine période post-pandémie, Latin Quarter, Pt. 2 semble refléter un moment de transition. Les titres ne parlent pas directement du confinement ou des conséquences sociales de la crise, mais leur construction sonore et textuelle évoque une certaine introspection. C’est un album qui s’écoute comme un retour à soi, sans pour autant se priver d’une dimension collective. Les collaborations, les choix de production, l’équilibre entre tradition et modernité: tout dans Latin Quarter, Pt. 2 semble indiquer que Akhenaton et Nicholas Craven ont voulu créer un disque qui soit à la fois personnel et universel. Un album qui ne cherche pas à se réinventer entièrement, mais à s’adapter à son époque sans perdre sa substance.

Latin Quarter, Pt. 2 est un album qui confirme l’évolution d’Akhenaton tout en restant fidèle à ses racines. La collaboration avec Nicholas Craven apporte une dimension inédite à son univers musical, et les featurings, bien que courts, sont des éléments de richesse textuelle et sonore. L’album ne cherche pas à se distinguer par la provocation ou l’originalité extrême, mais par sa cohésion et sa capacité à évoluer sans se perdre. C’est un disque qui s’écoute comme une suite logique d’un parcours artistique longtemps marqué par la rigueur et le sens du texte — et qui ouvre des pistes pour les prochaines étapes de ce même parcours.

🎬 Les clips de l’album

10 clips · lecture à la suite

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🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 05/10/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Janice STFU— Drake
  3. 3Folded— Kehlani
  4. 4Dead Fresh— Lil Baby
  5. 5What You Need— Tems
  6. 6Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign
  7. 7AH HA— Cardi B
  8. 8So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  9. 9WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
  10. 10Spend Dat— Yung Miami

Chronique publiée le 23/08/2026 · Chroniques

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