
Gimme Some ouvre la porte à un territoire où le lyrisme se fait architecture. Après avoir posé ses marques avec Walter Dwight en 2023, Count Bass D ne s'attarde pas sur les fanfares habituelles pour lancer son nouveau chapitre, Player Programmer. La trajectoire de l'artiste, qui a déjà parcouru un chemin aussi vaste que le parcours de la vie entre 1995 et aujourd'hui avec des titres comme Pre-Life Crisis ou On The Reels, semble ici se concentrer sur une introspection brute. L'album arrive en janvier 2025 sous l'égide de son propre label, CountBassD.com, apportant avec lui un lot de 18 titres qui forment une suite logique mais distincte de la période précédente.
Gimme Some et Brackets And Cornices: l'encadrement narratif d'un projet solo
L'expérience auditive débute immédiatement par Gimme Some, en position 1, qui fixe le ton avant même que les premières notes ne résonnent. Cette ouverture n'est pas une simple introduction sonore; elle pose la structure même du voyage à venir. Pour clore ce cycle de 18 pistes, on trouve Brackets And Cornices, un titre dont le nom suggère une fin de phrase, une conclusion marquée par des accolades ou des angles architecturaux. C'est un album où la voix seule doit porter toute la charge narrative, une approche qui rappelle l'essentiel des œuvres précédentes comme Dwight Spitz ou Activity, mais avec une densité conceptuelle accrue.
Hyper Vigilant et He's A B-Boy: les repères culturels du début de route
L'éveil critique se fait dès la deuxième piste, Hyper Vigilant, qui installe un climat d'attention permanente au sein de l'univers sonore de Count Bass D. Ce titre ne se contente pas de lancer le disque; il invite à une écoute active, comme si chaque mot était un point de contrôle dans une machine complexe. Quelques pistes plus loin, He's A B-Boy vient ancrer le projet dans les racines du genre, utilisant une référence hip-hop explicite pour rappeler que l'art de la danse et du flow reste au cœur de l'univers de l'artiste. On pense ici aux fondamentaux posés sur des albums comme On The Reels ou Mic & Ike, où le côté technique et rythmique a toujours été prédominant. Ces deux titres, placés dans les premières positions de la tracklist, servent de boussole pour orienter l'auditeur vers un terrain où la vigilance et la tradition se rencontrent.
Ecclesiastical Emergency: la densité thématique au cœur des 18 titres
Au centre même du projet, c'est Ecclesiastical Emergency qui incarne la complexité thématique de l'album. Ce titre, situé loin du début mais avant le retour en force d'un ancien nom, fonctionne comme un pivot où les concepts abstraits s'entremêlent avec une urgence presque religieuse ou institutionnelle. Il résonne dans la continuité directe de Walter Dwight (2023), confirmant que cet opus n'est pas un détachement mais une évolution naturelle d'une écriture déjà établie. La densité des paroles y est palpable, transformant chaque enregistrement en une sorte de crise majeure où l'individu doit faire face à des systèmes ou des états d'esprit imposants. C'est dans cette zone centrale que la production solo atteint son paroxysme, créant un paysage sonore où les silences sont aussi importants que les mots prononcés.
Gimme Some (piste 11): une résonance interne ou un écho temporel
La structure du disque ne suit pas une ligne droite sans retour; elle crée des boucles qui invitent à l'écoute multiple. À la position 11, Gimme Some réapparaît, offrant une seconde approche d'un titre déjà entendu au tout début. Cette duplication n'est pas une erreur mais une intention: elle suggère que le voyage a évolué entre la piste 1 et cette nouvelle visite du même nom. Le morceau agit comme un miroir interne, permettant à l'auditeur de comparer comment la perception des choses a changé après avoir traversé les neuf titres précédents qui incluent Good Swing, Sandhill Crane ou Will. Cette résonance crée une architecture narrative où le début se répond au milieu, renforçant l'idée que Player Programmer est un disque construit sur la répétition et la variation, des concepts clés pour comprendre l'évolution de Count Bass D depuis 1995 jusqu'à aujourd'hui.
Player Programmer: l'héritage immédiat de Walter Dwight dans la continuité
Cet album de 2025 s'inscrit dans une lignée directe qui remonte aux débuts de l'artiste, tout en restant fidèle à son dernier travail majeur, Walter Dwight. La sortie du disque le 24 janvier 2025 marque une étape où Count Bass D consolide son indépendance via le label CountBassD.com. Avec ses 18 titres, il offre une surface d'écriture suffisante pour explorer des thèmes aussi variés que les crises existentielles ou l'urgence sociale, sans jamais tomber dans la surcharge. De Some Music Part 7 à ce nouveau projet, on voit comment son style a maturé pour atteindre cette forme d'autosuffisance où chaque titre, qu'il soit nommé Two Races Carry Water ou Standing Dead Oak, porte en lui toute la gravité nécessaire. C'est un testament à l'écriture solo dans sa plus pure expression, fermant une période de transition pour ouvrir de nouvelles perspectives sur le terrain du hip-hop indépendant.
Fiche technique
- Sortie : 24 janvier 2025 - Label : CountBassD.com - Titres : 18 - Ouverture / clôture : Gimme Some / Brackets And Cornices - Album précédent : Walter Dwight (2023)
🎬 Les clips de l’album
18 clips · lecture à la suite
Titres
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- 10
- 11
- 12
- 13
- 14
- 15
- 16
- 17
- 18
🔥 Les tracks qui cartonnent
Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 12/10/2026
- 1Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
- 2Quebec— Drake
- 3I Just Might— Bruno Mars
- 4Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
- 5Janice STFU— Drake
- 6Dead Fresh— Lil Baby
- 7Classic— Drake
- 8What You Need— Tems
- 9Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign
- 10So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar



