
Daz Dillinger - Retaliation, Revenge and Get Back 2
Daz Dillinger pose une nouvelle brique dans l'édifice de son mythe californien, deux ans après la parution de The Adventures of Dilly Tha Dogg (2024), et avant que la suite Retaliation, Revenge and Get Back 3 ne vienne clore le cycle. L'objectif est clair: une reconstitution fidèle de l'épopée West Coast, un hommage aux eras d'or et une validation du statut de vieux garde de l'artiste. Avec 18 pistes dont dix collaborations, l'album opère comme un pont mémoriel entre les générations, ancré dans une esthétique où la tête balaye instantanément devant les rythmes classiques.
L'invocation du Gold Standard: de MacShawn100 à la constellation Death Row
Le disque s'ouvre immédiatement sur « Level 4 Yard Bizniz », qui ne ménage aucune attente. Ce titre d'ouverture n'est pas seulement une introduction, mais une déclaration d'intention: la voix de MacShawn100 y résonne comme une confirmation d'ancienneté. Cette présence n'est pas anodine; elle rappelle l'heritage du label et offre une voix connue aux fans anciens, validant l'ancrage du projet dès la première piste. Sur ce titre, la même de Soopafly, le producteur RBX et l'iconique Kurupt se réunissent pour une évocation directe de la scène Death Row et du Golden Age. Ici, chaque collaboration est une référence précise au parcours du rappeur: Kurupt avait déjà collaboré avec Daz Dillinger sur des titres comme « Gang Bangin' Ass Criminal » ou « It's Going Down » sur l'album Retaliation, Revenge and Get Back (1998), tandis que Soopafly était déjà une figure de proue dans des titres marquants comme « Agony » sur R.A.W. (2000). RBX lui, avait déjà invité Daz Dillinger sur le titre « Jus... Murda » de l'album Ripp tha Game Bloody (Street Muzic) (2003). Cette constellation de voix crée un prologue théâtral qui installe immédiatement l'esthétique vintage et l'héritage légendaire dès les premiers accords.
L'ancrage territorial: hommages locaux et validation de l'heritage label
Loin des titres génériques qui parsèment la tracklist comme « Calculate The Time », le disque retrouve son identité visuelle et territoriale avec « Westcoast Is The Best Coast ». Carlos McSwain y apparaît pour une invocation locale qui confirme les racines ouest-coastiennes de l'album. Sa présence ne fait qu'ancrer le projet dans une géographie culturelle précise, transformant le morceau en un témoignage de la scène locale plutôt qu'en une simple abstraction. Daz Dillinger continue de naviguer entre titres porteurs de sens et titres vides de contenu, comme « Calculate The Time » ou encore « On The Dead Homies », qui témoignent de la culture locale sans chercher à effacer l'identité visuelle du projet. Cette densité narrative contraste avec les titres aux noms abstraits comme « Destiny » ou « The Reason », qui risquent parfois de s'estomper, mais sont contrebalancés par la force des interventions vocales. La durée totale de 1 h 00 offre ainsi un parcours complet pour explorer l'heritage du label Daz Dillinger Recordingz, offrant au lecteur un voyage qui alterne entre introspection, comme sur l'interlude « Get Down You Clown », et célébration de la scène.
L'archipel des voix: du légendaire ICE-T aux figures contemporaines
La seconde moitié du disque confirme cette volonté de rassembler une multitude d'époques. Sur « Get Bacc », la voix de Prince Ital Joe apporte une touche réggae qui diversifie l'approche sonore, tandis que sur « Start Bacc Bangin », la densité vocale explose avec la présence simultanée de Big Syke et ICE-T. Cette dernière figure, icône du rap new yorkais, s'ajoute à une liste d'invités qui traverse les océans et les styles, allant de B-Legit et Bo Roc sur « We Came To Play » jusqu'au blocage d'invites partageant un nom de famille sur « Switchin Lanez », où Big C Style, Lil C-Style et Kevin Slow Jammin James ajoutent une densité vocale et une dimension communautaire à la piste. Cette cohabitation des voix, de la légende locale au contemporain, crée une fresque complète qui valide le statut de vieux garde de l'artiste. Chaque featuring est pensé pour apporter quelque chose de concret au morceau, qu'il s'agisse d'un registre vocal spécifique ou d'une énergie particulière, sans jamais se limiter à une simple liste de noms.
Structure du voyage: entre titres génériques, interlude et clôture
La construction de l'album respecte une architecture où la transition est essentielle. L'interlude « Get Down You Clown », featuring MacShawn100, marque un second temps dans l'album en tant que figure de transition ou de réflexion, maintenant sa présence récurrente au-delà du simple titre d'ouverture. C'est une pause nécessaire dans la dynamique de featurings avant que le disque ne se lance sur sa conclusion. L'album se termine enfin par « Mentally Crazy », une piste qui sert de chute au parcours. Entre ces pôles, la présence de titres comme « Like A Movie » avec Kurupt, ou encore « Retaliation And Revenge » qui porte le nom du concept, structure un voyage qui alterne entre solos distincts et chœur massif. La production, ancrée dans une esthétique où les beats incitent à bouger la tête, permet aux invités de s'épanouir chacun à leur manière, honorant la diversité des eras réunies sur le disque. Cet opus, publié sous le label Daz Dillinger Recordingz, se distingue par une ambition rétrospective qui dépasse le simple exercice de compilation. En mobilisant une constellation d'égéries aussi diverses que Prince Ital Joe sur « Get Bacc » ou le trio Big C Style, Lil C-Style et Kevin Slow Jammin James sur « Switchin Lanez », l'artiste tisse un réseau sonore qui transcende les frontières géographiques, reliant la scène new-yorkaise aux racines ouest-coastiennes. Cette démarche confirme la vocation de l'album à servir de maillon de connexion entre les générations, où des figures légendaires comme ICE-T et B-Legit partagent la scène avec des artistes contemporains. La densité de ces interventions, couplée à une durée totale de 1 h 00 min, offre un panorama complet du patrimoine du rap californien. Chaque piste, qu'elle soit solo comme « Destiny » ou collaborative comme « We Came To Play », participe à cette architecture sonore qui valide le statut de vieux garde du rappeur, offrant aux auditeurs un voyage qui alterne entre introspection et célébration collective, sans jamais sacrifier la spécificité de chaque voix au profit d'un amalgame générique. Opérant comme un pivot discographique essentiel, l'album se positionne stratégiquement entre les deux projets studio annoncés pour 2024 et 2025. Si la présence de titres génériques ou l'interlude sans feature peuvent sembler créer des ruptures, c'est précisément la densité de ces collaborations historiques qui donne toute sa valeur au projet. C'est une épopée West Coast achevée, où chaque invité est un maillon nécessaire d'une chaîne qui tient depuis près de trois décennies.
Fiche technique
- Sortie : 15 juin 2025 - Label : Daz Dillinger Recordingz - Titres : 18 (1 h 00 min) - Ouverture / clôture : Level 4 Yard Bizniz / Mentally Crazy - Invités : MacShawn100, Soopafly, RBX, Kurupt, Carlos McSwain, DJ Skillspinz, Prince Ital Joe, Big Syke, ICE-T, B-Legit, Bo Roc, Big C Style … - Album précédent : The Adventures of Dilly Tha Dogg (2024)
🎬 Les clips de l’album
18 clips · lecture à la suite
Titres
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6Set Trippinfeat. DJ Skillspinz
- 7
- 8Get Baccfeat. Prince Ital Joe
- 9
- 10
- 11
- 12Like a Moviefeat. Kurupt
- 13
- 14
- 15
- 16
- 17
- 18
🔥 Les tracks qui cartonnent
Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 12/10/2026
- 1Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
- 2Quebec— Drake
- 3I Just Might— Bruno Mars
- 4Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
- 5Janice STFU— Drake
- 6Dead Fresh— Lil Baby
- 7Classic— Drake
- 8What You Need— Tems
- 9Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign
- 10So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar



