
Fireboy DML - adedamola
Adedamola ne se donne pas comme un album de consécration ou de rupture générationnelle dans le sens où on l’entend habituellement. Il s’annonce plutôt comme une architecture intime, une suite logique d’un parcours qui a déjà traversé Laughter, Tears & Goosebumps (2019), APOLLO (2020) et Playboy (2022). Le titre même du disque renvoie au prénom complet de Fireboy DML, Adedamola Adefolahan, comme si la sortie de ce quatrième opus marquait l’aboutissement d’une quête identitaire. Quatorze titres s’y pressent pour une durée totale de 40 min 57 s, sur les labels EMPIRE et YBNL Nation, et l’on y trouve six featuring confirmés qui ne servent pas à remplir un espace vide mais à densifier une généalogie musicale réinventée.
Seun Kuti sur « ecstasy » : l’héritage afrobeat sacré comme colonne vertébrale
L’album s’ouvre sans fureur, loin des explosions sonores qui caractérisent souvent la scène actuelle. C’est dans cette continuité que se place ecstasy (piste 3), où Seun Kuti arrive pour ancrer le projet dans une tradition afrobeat sacrée. Sa présence ne vient pas ornner le disque de manière décorative; elle transforme la texture même du morceau, en y introduisant une dimension spirituelle qui résonne avec les thèmes de l’album: découverte de soi, nostalgie, amour et vie. Ce titre agit comme un pivot entre les racines musicales nigérianes et l’approche introspective que Fireboy DML développe ici, loin du son amapiano dominant dans l’Afrobeats contemporain.
Lojay sur « letting go » : le contraste vocal qui humanise la narration intime
La voix de Lojay sur letting go (piste 5) n’est pas simplement une addition; elle crée un contraste net avec celle de Fireboy DML. Cette différence timbrale ajoute une texture harmonique et émotionnelle supplémentaire à la piste, rendant le moment plus parlant sans que cela ne paraisse forcé. Le titre s’inscrit dans cette volonté d’explorer des territoires intimes, où chaque voix participe à un dialogue intérieur plutôt qu’à un spectacle extérieur.
Lagbaja sur « back n forth » : l’énergie rythmique contre-pied des ambiances lentes
Alors que les titres précédents invitent à la contemplation, back n forth (piste 6) apporte une inflexion plus directe. La présence de Lagbaja introduit un flow plus rythmé qui contraste avec les passages plus lents du disque. Il ne s’agit pas d’une rupture brutale mais d’un équilibre recherché: l’album ne se réduit pas à la rêverie, il conserve une capacité à marquer le temps corporellement.
Jon Batiste et SPINALL : les collaborations inversées comme marqueurs d’un héritage personnel
Sur ready (piste 7), Jon Batiste intervient pour injecter une dimension jazz et soul internationale, élargissant la palette sonore vers des influences américaines tout en maintenant l’identité nigériane du projet. Plus loin, wande’s bop (piste 8) accueille SPINALL. Cette collaboration prolonge celles déjà signées précédemment — Sere (Grace, 2020) et Sere (remix) (Top Boy, 2023) — mais avec une inversion du rapport de force: c’est cette fois Fireboy DML qui invite SPINALL, confirmant que ces rencontres ont évolué vers une construction d’héritage personnel plutôt qu’en simples apparitions. Enfin, jon’s interlude (piste 14), également featuring Jon Batiste, sert de clôture au disque en maintenant cette porosité entre les univers sonores.
Bilan : un album où chaque collaboration devient acte de construction
Cette dernière piste ne se contente pas de clore le disque; elle sert de pont entre les univers sonores nigérian et américain, confirmant que l'album fonctionne comme un espace de dialogue interculturel plutôt que comme une simple compilation de singles. La durée totale de 40 min 57 s pour quatorze titres impose une écoute attentive et linéaire, loin du format fragmenté habituel des plateformes de streaming. L'album ne se donne pas comme une rupture générationnelle au sens traditionnel, mais bien comme une architecture intime où la production travaille les ambiances et la texture sonore plutôt que les beats énergiques, transformant chaque featuring en acte de construction d'un héritage personnel.
Fiche technique
- Sortie : 29 août 2024 - Label : EMPIRE, YBNL Nation - Titres : 14 (40 min 57 s) - Ouverture / clôture : iseoluwa / jon's interlude - Invités : Seun Kuti, Lojay, Lagbaja, Jon Batiste, SPINALL
🎬 Les clips de l’album
14 clips · lecture à la suite
Titres
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5letting gofeat. Lojay
- 6back n forthfeat. Lágbájá
- 7readyfeat. Jon Batiste
- 8wande’s bopfeat. Spinall
- 9
- 10
- 11
- 12
- 13
- 14
🔥 Les tracks qui cartonnent
Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 28/09/2026
- 1I Just Might— Bruno Mars
- 2Janice STFU— Drake
- 3Dead Fresh— Lil Baby
- 4Folded— Kehlani
- 5What You Need— Tems
- 6Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign
- 7AH HA— Cardi B
- 8Spend Dat— Yung Miami
- 9So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
- 10Shabang— Drake



