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Ghostemane - HEXADA
Chronique d'album

Ghostemane - HEXADA

Note de la redaction7,5/ 10
Par Le Stagiaire·

Sorti le 5 septembre 2017 chez AMR Songs L.P, Hexada se dresse comme une forteresse sonore où l'architecture du disque repose sur une unité absolue.

Intro.Decadence: l'ancre sombre qui lance l'opus

L'ouverture de la première piste, Intro.Decadence, fixe le ton dès le premier instant en imposant une ambiance lourde et mélancolique. Ce morceau ne sert pas de simple introduction mais agit comme un filtre sonore qui prépare le listener à l'univers conceptuel qui va suivre. En position 1 sur la tracklist, ce titre établit une atmosphère étouffante où les thèmes de l'occultisme et de la dépression s'imposent comme des piliers narratifs. Il ne s'agit pas d'une simple entrée en matière mais d'une immersion directe dans un paysage mental complexe, privilégiant une progression naturelle vers le cœur du disque plutôt qu'un artifice d'accroche habituel. Cette ancre sombre définit les règles de l'engagement à venir, où chaque note et chaque syllabe doit servir cette vision cohérente et parfois dépressive.

Hexada : pilier central d'une production autonome

Le titre éponyme Hexada occupe une position centrale dans la structure de l'album, servant de véritable pilier conceptuel autour duquel tout le reste s'articule. Placé en deuxième position, ce morceau incarne pleinement sa thématique au travers d'une écriture dense et maîtrisée. Ce titre définit le concept même de l'opus en explorant des territoires où le nihilisme et la mort deviennent les seules constantes.

Polaris: la fin de règne dans une atmosphère étouffante

La clôture du disque est assurée par le dernier titre, Polaris, en position 10 sur les dix pistes totales. Ce morceau valide la trajectoire jusqu'à son terme en offrant une résolution qui est autant un aboutissement qu'une ouverture vers un silence définitif. Placé en fin d'album, il prolonge l'ambiance atmosphérique établie dès le début et scelle le cycle avec une intensité qui ne trahit pas la rigueur de la démarche artistique. Cette fin correspond à la montée en puissance des textures lourdes vers lesquelles l'album a progressé sans relâche. Il ne s'agit pas d'une chute mais d'une ascension vers un sommet où la voix unique de Ghostemane résonne avec toute sa force brute.

Bilan d'une architecture sonore autonome post-Plagues

L'album se dresse comme une suite logique à son précédent travail studio Plagues (2016), consolidant sa place dans une discographie où la densité prime sur l'étendue. La durée totale de 22 minutes et 20 secondes pour dix titres révèle une économie des moyens radicale, typique d'un artiste qui a déjà navigué entre les scènes du métal hardcore et du doom metal avant de s'installer à Los Angeles en 2015 après avoir quitté ses fonctions académiques en astrophysique. Cette œuvre n'est pas un simple passage obligé vers son prochain album studio N / O / I / S / E (2018), mais bien une forteresse conceptuelle autonome. Elle incorpore les influences lourdes de Bathory, Deicide et Death, ainsi que le rap du Sud inspiré par Three 6 Mafia, pour tisser un lien direct avec l'occultisme, la dépression et le nihilisme. Le contexte de sa carrière, marqué par la dissolution du collectif Schemaposse en avril 2016, explique cette quête d'introspection brute où chaque piste, de l'intro à la clôture, sert une vision cohérente plutôt qu'une stratégie commerciale élargie. Finalement, Hexada se révèle comme une expérience artistique qui privilégie l'intégrité du propos sur l'élargissement commercial. Dans cette période de consolidation du rap underground et du genre expérimental, l'album témoigne de la trajectoire d'un artiste issu de la scène Floride/Los Angeles. La durée totale de vingt-deux minutes et vingt secondes pour seulement dix titres laisse une impression de densité maximale où chaque minute compte. Suivant Plagues (2016) et précédant N / O / I / S / E (2018), cette œuvre marque une étape où Ghostemane assume pleinement son rôle de producteur musical américain aux multiples facettes, ayant déjà embrassé la guitare pour des groupes de metal hardcore et de doom metal avant de faire de Los Angeles sa nouvelle base pour le rap underground.

Fiche technique

- Sortie : 5 septembre 2017 - Label : AMR Songs L.P - Titres : 10 (22 min 20 s) - Ouverture / clôture : Intro.Decadence / Polaris - Album précédent : Plagues (2016)

🎬 Les clips de l’album

10 clips · lecture à la suite

Titres

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🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 02/11/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Janice STFU— Drake
  3. 3What You Need— Tems
  4. 4Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
  5. 5Dead Fresh— Lil Baby
  6. 6Quebec— Drake
  7. 7So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  8. 8WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
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Chronique publiée le 02/11/2026 · Chroniques

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