Gorillaz - The Mountain
Le silence avant le premier titre de The Mountain n’est pas celui d’un groupe en quête de mystère, mais d’une œuvre qui semble s’inscrire dans une longue tradition de mélancolie et de réflexion. Gorillaz, ce collectif hybride entre l’imaginaire graphique de Jamie Hewlett et la musique de Damon Albarn, se retrouve ici sur un terrain inédit: celui du deuil, du manque, et d’une exploration sonore qui s’enracine dans les racines indiennes. The Mountain n’est pas un album comme les autres. C’est une descente en enfer, mais aussi une ascension vers l’inconnu.
Le deuil comme fil conducteur d’un album introspectif
L’album est marqué par une tension émotionnelle constante, comme si chaque note était tissée à partir des silences laissés par ce qui a disparu. Les thèmes du deuil et du manque ne sont pas abordés en surface: ils imprègnent l’ensemble du disque, se manifestant dans les choix de collaborations, les arrangements musicaux, et même le silence entre les titres. C’est un album où la musique devient une forme d’hommage, un dialogue avec ce qui a été perdu.
L’influence indienne: une dimension culturelle et musicale inédite
L’Inde n’est pas qu’un décor ici. Elle est une force sonore, une présence tangible dans les arrangements et les textures. Des sitars, des percussions, des voix chantées en langues étrangères — tout cela s’entrelace pour créer un univers à la fois mystérieux et profondément humain. C’est notamment sur The Mountain que cette influence se fait sentir le plus fort: les contributions d’Ajay Prasanna, Amaan Ali Bangash, Anoushka Shankar, et Ayaan Ali Bangash apportent une dimension instrumentale riche, qui semble s’inscrire dans la continuité des traditions indiennes tout en se réinventant à travers le prisme du hip-hop.
Collaborations inattendues: le dialogue entre le vivant et l’absent
Parmi les collaborations, certaines sont inédites, d’autres troublantes. Le nom de Bobby Womack, par exemple, apparaît sur The Moon Cave, un titre qui semble vouloir honorer une figure du soul qui a disparu trop tôt. De même, Mark E. Smith, le chanteur des Fall, est présent sur Delirium — un morceau où sa voix s’inscrit comme une note de désespoir et d’urgence. Ces featurings ne sont pas des simples appels à la mode: ils sont des invocations, des dialogues avec l’absent.
Les musiciens invités et leur contribution au concept émotionnel
Chaque artiste invité apporte une note unique à The Mountain. Black Thought, sur The Moon Cave et The Empty Dream Machine, insère un rap puissant qui contraste avec les sonorités indiennes. Johnny Marr, quant à lui, apparaît sur plusieurs titres — notamment The Empty Dream Machine et The Sweet Prince — où sa guitare ajoute une touche pop et mélancolique, comme si elle cherchait à réchauffer l’atmosphère froide de certains morceaux. Anoushka Shankar, présente sur plusieurs titres, apporte une dimension instrumentale qui semble s’inscrire dans la continuité des traditions indiennes tout en se réinventant à travers le prisme du hip-hop.
Une production collective sans visage, mais avec un propos clair
L’absence de producteurs principaux clairement identifiés n’est pas une faiblesse, mais plutôt une caractéristique qui renforce l’idée d’un album collectif. Les contributions sont nombreuses et variées: Bizarrap, Remi Kabaka Jr., Samuel Egglenton, Adhithya Sivakumar — tous apparaissent sur des titres, souvent comme ingénieurs du son ou producteurs secondaires. Cela crée une impression de fluidité, d’unité, comme si l’album n’était pas le fruit d’un seul visionnaire, mais d’une assemblée de talents qui ont su se mettre au service d’un même propos. The Mountain est donc un album qui défie les attentes. Il ne cherche pas à être un tube planétaire, ni à réinventer le hip-hop. Il cherche simplement à exprimer une émotion profonde — celle du deuil, du manque, et de la recherche d’un sens dans l’absence. C’est un disque qui n’appartient pas seulement à Gorillaz: il appartient à tous ceux qui ont perdu quelqu’un, ou quelque chose, et qui cherchent à le faire entendre.
🎬 Les clips de l’album
15 clips · lecture à la suite
Titres
- 1
- 2
- 3The Happy Dictatorfeat. Sparks
- 4
- 5
- 6The God of Lyingfeat. IDLES
- 7
- 8
- 9
- 10Deliriumfeat. Mark E. Smith
- 11Damascusfeat. Omar Souleyman, Yasiin Bey
- 12
- 13
- 14
- 15
🔥 Les tracks qui cartonnent
Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 31/08/2026
- 1I Just Might— Bruno Mars
- 2Janice STFU— Drake
- 3Folded— Kehlani
- 4Dead Fresh— Lil Baby
- 5Spend Dat— Yung Miami
- 6Shabang— Drake
- 7Some Of Your Love— PARTYNEXTDOOR
- 8What You Need— Tems
- 9Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign
- 10Morning Dew (Donk)— Beyonce




