
Gucci Mane - Ice Daddy
La piste 1, Poppin, ouvre le disque sur une tension immédiate entre l'ombre du passé et la lumière d'une paternité nouvelle. Ice Davis au centre: un album comme testament familial. Ice Daddy porte le nom de son fils, né le 23 décembre 2020. C'est le premier disque studio de Gucci Mane depuis cet événement. La date du 18 juin 2021 correspond au deuxième anniversaire de son single Proud of You, un geste qui fait du disque une sorte de prolongement naturel d'un engagement personnel déjà annoncé. Entre Trap God Classics: I Am My Only Competition (compilation, 2020) et le dernier vrai album studio avant celui-ci, So Icy Summer (2020), Ice Daddy marque un retour en force après une compilation qui ne comblait pas entièrement la soif d'un véritable projet. Poppin à Trap Shit: la trajectoire de Gucci Mane entre local et international. La première piste du disque met immédiatement en scène une énergie brute. Poppin, avec BigWalkDog, ancre le titre dans la scène locale d'Atlanta, comme si Gucci Mane voulait commencer son album par un cri venu des rues de sa ville. Cette collaboration n'est pas seulement un featuring décoratif: elle valide le rappeur auprès de son entourage direct et rappelle que Ice Daddy est avant tout un disque de communauté, de cercle restreint où chacun a une place. La présence de ce nom sur cette piste est un signal envoyé au public mondial: ce disque n'est pas qu'une chronique locale, c'est aussi une référence universelle. Entre ces deux pôles se glissent des titres qui tissent un réseau plus large. Posse on Bouldercrest, avec Pooh Shiesty et Sir Mix-A-Lot, réinvente un classique de 1988 tout en conservant le chorus original du morceau d'origine. Ce titre fonctionne comme une passerelle entre les générations: Gucci Mane dialogue avec un pionnier du rap qui a marqué l'histoire, tandis que Pooh Shiesty apporte sa touche street actuelle. Les featurings 1017 Global: BigWalkDog, Pooh Shiesty et BIG30 ancrent le disque dans l'Atlanta underground. La piste 3, Shit Crazy, avec BIG30, ne fonctionne pas comme un titre d'exhibition mais comme une extension naturelle de la scène atlantéenne. BIG30 y apporte une énergie brute qui correspond à l'univers sonore du label et qui rappelle que Gucci Mane continue de produire dans son environnement direct. C'est le même terreau que celui qui a fait émerger BigWalkDog sur Poppin ou Pooh Shiesty sur les deux titres où il est présent. Ces collaborations ne forment pas une simple liste de noms: elles dessinent un territoire sonore. L'album se construit comme un ensemble de voix venues d'un même écosystème, où chaque featuring renforce l'idée que Gucci Mane reste au cœur de sa communauté. La présence de Sir Mix-A-Lot sur Posse on Bouldercrest ajoute une autre dimension: celle du respect envers les anciens, des artistes qui ont marqué le rap avant qu'il ne devienne un business international. L'héritage productif: une diversité sonore qui reflète la maturité de Gucci Mane. L'album s'étend sur 51 minutes et 13 secondes avec 17 titres. Cette durée, loin d'être excessive pour un disque aussi chargé en featuring, permet à chaque titre d'avoir sa place sans être écrasé par les autres. La production, assurée par PabloMCR, WizardMCE, Mike Will Made It, Marzeratti, 30 Roc, Twysted Genius, Shawn Ferrari, iWeirdo, Southside, Richie Souf, Zaytoven, J-Bo, Shoddy, D.A. Chaque producteur apporte sa couleur, et c'est cette diversité qui fait la richesse du disque. Les titres solos comme Dboy Style, Rich Nigga Shit ou Gucci Coming 4 You permettent à Gucci Mane de s'exprimer sans filtre, entre deux collaborations qui servent surtout à renforcer son image. Ils forment le cœur d'un album où la présence personnelle du rappeur prime sur les apparitions guest, même si celles-ci sont nombreuses: 10 titres sur 17 comportent un featuring. Bilan d'un retour en forme: Ice Daddy comme pont entre deux eras de Gucci Mane. Ice Daddy se situe dans une période charnière pour Gucci Mane. Il vient juste après So Icy Summer (2020), et précède Breath of Fresh Air (2023). Entre ces deux disques, il y a toute l'évolution d'un artiste qui ne cherche plus seulement à confirmer son statut mais à le dépasser par une œuvre personnelle. L'album est aussi un document culte pour les fans: chaque titre raconte une partie de l'histoire de Gucci Mane en 2021, de sa paternité à ses alliances stratégiques avec des artistes comme Lil Baby ou Pooh Shiesty. La collaboration avec Lil Baby sur Trap Shit illustre parfaitement cette stratégie de pont entre deux époques: le rappeur géorgien avait déjà invité l'artiste atlantéen sur « ICE » pour son album studio précédent, Delusions of Grandeur, en 2019, et plus tôt encore sur « Tootsies » pour Woptober II (2019). Cette réitération de la présence de Lil Baby ne relève pas d'une simple coïncidence mais confirme une alliance durable entre deux figures majeures du sud des États-Unis. De même, le titre I Got It, qui accueille Lil Uzi Vert, prolonge une dynamique initiée l'année précédente avec la piste « Potential » sur Delusions of Grandeur. Ces retours en force ne sont pas de simples apparitions décoratives: ils ancrent Gucci Mane dans un réseau d'amitiés et de collaborations qui transcendent les cycles discographiques. Le disque se clôture par How I See It, une piste qui offre un contrepoint nécessaire à l'énergie brute des titres précédents. Cette dernière séquence, après la piste 14 où Peewee Longway intervient sur Live at the Red Carpet, permet au rappeur de revenir à une posture plus intime avant la fin du disque. La présence d'E-40 et Project Pat sur les titres 10 et 11 renforce cette dimension communautaire, tandis que le duo Young Dolph et 2 Chainz sur Top of Shit rappelle l'importance des alliances avec des figures emblématiques de la scène underground. L'album se termine donc non pas par une explosion sonore, mais par une réflexion personnelle, scellant un projet qui fonctionne autant comme un hommage familial qu'un document vivant de la culture rap atlantéenne en 2021. Le disque se termine sur How I See It, qui clôt le projet sur une note introspective, presque intime, et qui fait écho au titre d'ouverture. Entre ces deux pôles, l'album a su construire un récit cohérent: celui d'un père qui utilise sa musique pour raconter son histoire, tout en restant fidèle à ses racines atlantéennes. C'est un projet qui ne cherche pas à briller par le luxe ou les collaborations les plus prestigieuses, mais par la sincérité d'une démarche artistique ancrée dans la réalité du rappeur et de sa famille.
Fiche technique
- Sortie : 18 juin 2021 - Label : Atlantic - Titres : 17 (51 min 13 s) - Ouverture / clôture : Poppin / How I See It - Invités : BigWalkDog, Pooh Shiesty, Sir Mix-A-Lot, BIG30, Lil Baby, Lil Uzi Vert, 2 Chainz, Young Dolph, E-40, Project Pat, Peewee Longway - Projet précédent : Trap God Classics: I Am My Only Competition (compilation, 2020) - Album studio précédent : Gucci Mane Presents: So Icy Summer (2020)
🎬 Les clips de l’album
16 clips · lecture à la suite
Titres
- 1
- 2
- 3Shit Crazyfeat. BIG30
- 4Like 34 & 8feat. Pooh Shiesty
- 5
- 6
- 7I Got Itfeat. Lil Uzi Vert
- 8
- 9Top of Shitfeat. 2 Chainz, Young Dolph
- 10
- 11
- 12
- 13
- 14
- 15
- 16
🔥 Les tracks qui cartonnent
Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 05/10/2026
- 1I Just Might— Bruno Mars
- 2Janice STFU— Drake
- 3Dead Fresh— Lil Baby
- 4Folded— Kehlani
- 5What You Need— Tems
- 6Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign
- 7AH HA— Cardi B
- 8Spend Dat— Yung Miami
- 9So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
- 10Shabang— Drake



