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James Brown - I Got the Feelin’
Chronique d'album

James Brown - I Got the Feelin’

Note de la redaction8,5/ 10
Par Le Stagiaire·

I Got The Feelin' marque le moment où James Brown touche à un nouveau matériau sonore, s'éloignant définitivement des balades gospel de sa jeunesse et des hits blues de l'apogée des années 1950. Publié en mai 1968 par King Records, cet album s'inscrit dans une trajectoire précise: il vient après A Soulful Christmas (1968) et suit immédiatement James Brown Sings Raw Soul (1967), tout en ouvrant la voie vers Thinking About Little Willie John and a Few Nice Things (1968). C'est un pivot décisif, moment où le musicien jette les bases du courant funk et modifie durablement son approche musicale.

La mutation structurelle vers le funk de 1968

Si I Got You (I Feel Good) et It's a Man's Man's Man's World ont défini une notoriété nationale massive, cette période voit Brown préparer une mutation structurelle. La fin des années 1960 marque la fin du mix musical fondé sur le blues et le gospel pour laisser place à une architecture rythmique. James Brown chanta également des chansons engagées, notamment Say It Loud – I'm Black and I'm Proud (1968) pour soutenir la communauté afro-américaine. Au début des années 1970, Brown établit le son du funk avec la formation The J.B.'s, et des enregistrements tels que Get Up (I Feel Like Being a) Sex Machine ou The Payback.

"I Got The Feelin'": la piste d'ouverture qui annonce une rupture rythmique décisive

La première piste de l'album, I Got The Feelin' (piste 1), sert de manifeste sonore à cette nouvelle direction. Ce titre d'ouverture n'est pas un simple retour en arrière mais bien une annonce de rupture rythmique par rapport aux standards précédents. Il s'agit d'une entrée en matière où le groove devient vecteur d'une morale spirituelle et fonctionnelle, préparant le terrain pour une carrière qui couvrira six décennies. La chanson n°2, Maybe I'll Understand, poursuit cette exploration sans dévier de la nouvelle trajectoire tracée par le disque.

Le manifeste rythmique du titre d'ouverture

Au cœur de ce disque de douze titres, une seule collaboration extérieure brise l'unité vocale du projet. La chanson n°3, You've Got The Power, inclut officiellement Vicki Anderson. Cette présence est une exception notable au sein d'un album qui privilégie la singularité artistique de Brown. Il s'agit d'une collaboration créditée officiellement sur ce titre unique de l'album, offrant un contraste vocal distinct sans alourdir la texture sonore générale. Aucun autre artiste ne partage cette scène sur les onze autres titres, confirmant une volonté de rester concentré sur l'identité propre du musicien et de son orchestre en formation.

"Stone Fox": l'univers sonore élargi au-delà des standards du blues et du gospel

Les titres suivants comme Shhhhhh (For A Little While) ou encore Stone Fox illustrent cette volonté d'élargir l'univers sonore au-delà des simples standards. L'album ne cherche pas à innover radicalement dans tous les sens mais affine la rigueur éditoriale du funk naissant. La piste 10, It Won't Be Me, et la double présence de Maybe Good Maybe Bad (pistes 4 et 11) montrent une diversité des registres sous contrainte de label, sans jamais tomber dans le superlatif creux. Le disque se termine par Here I Go, dernière piste, scellant un cycle qui commence à flancher vers une réalité lourde tout en maintenant une cohérence discographique avec les sorties de 1967 et 1968. James Brown, né le 3 mai 1933 à Barnwell en Caroline du Sud et décédé le 25 décembre 2006 à Atlanta, a traversé six décennies de carrière pour devenir l'une des figures majeures du rhythm and blues, de la soul music et du funk. Surnommé « The Godfather of Soul », il est classé en septième position par Rolling Stone dans sa liste des 100 plus grands artistes de tous les temps. Après une jeunesse marquée par une période de prison pour cambriolage, le musicien commence sa trajectoire professionnelle comme chanteur de gospel en Géorgie avant d'intégrer le groupe vocal The Famous Flames, dont il devient la figure de proue. Sa notoriété nationale s'installe à la fin des années 1950 grâce à des balades telles que Please, Please, Please ou Try Me, et son apogée arrive dans les années 1960 avec des succès monumentaux comme Papa's Got a Brand New Bag. Cette mutation stylistique observée sur I Got The Feelin' prépare le terrain pour les enregistrements ultérieurs tels que Get Up (I Feel Like Being a) Sex Machine ou The Payback, réalisés au début des années 1970. Parallèlement à cet album charnière publié par King Records, James Brown continue son activité artistique avec la sortie de Thinking About Little Willie John and a Few Nice Things peu après l'édition de mai 1968. L'artiste reste également engagé socialement, ayant chanté Say It Loud – I'm Black and I'm Proud cette même année pour soutenir activement la communauté afro-américaine, démontrant ainsi une dimension militante essentielle à son héritage musical. Ce bilan historique d'un album charnière publié chez King Records valide l'héritage d'un monument funk, entre génie et faiblesse, préparant la mutation du genre. L'album studio suivant de l'artiste sera There It Is (1972).

Fiche technique

- Sortie : mai 1968 - Label : King Records - Titres : 12 - Ouverture / clôture : I Got The Feelin' / Here I Go - Invités : Vicki Anderson

🎬 Les clips de l’album

12 clips · lecture à la suite

Titres

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🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 26/10/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Janice STFU— Drake
  3. 3What You Need— Tems
  4. 4Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
  5. 5Dead Fresh— Lil Baby
  6. 6Quebec— Drake
  7. 7So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  8. 8WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
  9. 9Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
  10. 10Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign

Chronique publiée le 30/10/2026 · Chroniques

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