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Nef the Pharaoh - The Big Chang Theory
Chronique d'album

Nef the Pharaoh - The Big Chang Theory

Note de la redaction8,5/ 10
Par Le Stagiaire·

Nef the Pharaoh ne fait pas que rapper; il construit des cathédrales sonores où chaque titre sert de pierre angulaire à une architecture narrative. Entre The Chang Project (2017) et Mushrooms & Coloring Books (2019), ce disque opère une transition audacieuse: il ne se contente pas d’affirmer une présence, il multiplie les voix, les perspectives, les rythmes.

Victim : l'ouverture entre ombre et lumière

Le disque s’ouvre avec Victim, une piste 1 qui pose d’emblée la tension entre vulnérabilité et domination. Omb Peezy y apparaît en featuring dès la première piste, une présence qui n’est pas anecdotique: elle marque l’entrée dans un album où la solitude du soliste sera régulièrement mise en dialogue avec d’autres voix. Ce titre d’ouverture n’est pas un simple prélude; il annonce que The Big Chang Theory sera un espace de confrontation, de partage et de négociation identitaire. La piste 2, Lefty, suit sans interruption, puis la piste 3, A, introduit une nouvelle voix: JT the 4th.

"A" et "Huh": des featurings qui multiplient les perspectives

La piste 3, A, met en scène JT the 4th. La piste 8, Huh, fait entrer Yakki dans l’équation. Sa présence sur ce titre ajoute une couche supplémentaire à la mosaïque vocale du disque, confirmant que l’artiste ne cherche pas à s’isoler mais à tisser un réseau de résonances. Entre ces deux titres, la piste 4, Boostin, et la piste 5, Big Boss Chang, offrent des espaces de respiration, de solo, de réflexion intérieure, avant que la piste 7, 86, ne réintroduise une densité collective.

86 et What We Have : la dimension relationnelle et la confiance

La piste 7, 86, est une collaboration double: Cuban Doll et AllBlack s’y partagent le micro. La piste 10, What We Have, accueille Dej Loaf. Ces deux titres ne se contentent pas d’ajouter des noms à une liste; ils transforment la texture du disque en créant des moments où la voix principale se met en dialogue avec une autre, où les dynamiques de pouvoir et de confiance sont mises à l’épreuve. La piste 11, Tokyo Driftin, avec Raymond McMahon, prolonge cette logique: chaque featuring est une invitation à regarder le disque sous un angle différent, à entendre une autre histoire racontée à côté de celle du soliste.

"Tokyo Driftin": une excursion urbaine et spatiale

La piste 11, Tokyo Driftin, avec Raymond McMahon, introduit une dimension géographique et temporelle qui dépasse le cadre local. Cette collaboration n’est pas un simple ajout sonore; elle ouvre le disque sur d’autres horizons, d’autres villes, d’autres réalités. La piste 12, Bsisso, et la piste 13, Totally Different, offrent à nouveau des espaces de solo, de solitude, de réflexion, avant que la piste 14, That Was God, ne conclue le cycle.

That Was God : la clôture comme passage vers le spirituel

La piste 14, That Was God, est la dernière du disque. Elle réunit Jay Brown et Lesia Brown en featuring. Cette clôture n’est pas une fin abrupte; elle est un passage, un geste spirituel qui relie l’intime au sacré. Le disque s’achève sur une note qui ne ferme pas la porte, qui l’ouvre au contraire vers un autre registre, vers une dimension où le rap cesse d’être une simple affirmation de soi pour devenir un acte de reconnaissance collective. Le titre de l'album lui-même renvoie à son identité artistique, construite autour du changement et de l'évolution personnelle. Cet album, publié le 10 août 2018 par les labels EMPIRE, KILFMB et Sick Wid' It Records, s'inscrit comme un pivot discographique majeur entre son premier album studio, The Chang Project (2017), et son second opus, Mushrooms & Coloring Books (2019). Il ne se contente pas de marquer une étape dans sa carrière, il consolide une image d'artiste capable de naviguer entre introspection et partage, entre solitude et communion, sans jamais renier ses racines locales tout en ouvrant des perspectives vers d'autres horizons urbains et sonores. The Big Chang Theory est un album qui se construit comme une suite de dialogues. Chaque featuring est une réponse, chaque solo est une question. Entre The Chang Project (2017) et Mushrooms & Coloring Books (2019), il marque une étape dans la maturité artistique de Nef the Pharaoh, un disque qui prouve qu’on peut affirmer sa voix sans exclure les autres. C’est un album où la solitude et la communion s’équilibrent, où chaque titre est une pièce d’un puzzle plus vaste.

Fiche technique

- Sortie : 10 août 2018 - Label : EMPIRE, KILFMB, Sick Wid’ It Records - Titres : 14 - Ouverture / clôture : Victim / That Was God - Invités : Omb Peezy, JT the 4th, Cuban Doll, AllBlack, Yakki, Dej Loaf, Raymond McMahon, Jay Brown, Lesia Brown - Album précédent : The Chang Project (2017)

🎬 Les clips de l’album

14 clips · lecture à la suite

Titres

  1. 1
  2. 2
  3. 3
  4. 4
  5. 5
  6. 6
  7. 7
  8. 8
    Huh
    feat. Yakki
  9. 9
  10. 10
  11. 11
  12. 12
  13. 13
  14. 14

🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 02/11/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Janice STFU— Drake
  3. 3What You Need— Tems
  4. 4Dead Fresh— Lil Baby
  5. 5Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
  6. 6So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  7. 7WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
  8. 8Quebec— Drake
  9. 9Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
  10. 10AH HA— Cardi B

Chronique publiée le 05/11/2026 · Chroniques

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