rap.frhiphop.fron air
✨ AbonnementS'inscrire
RAP.FR
Nef the Pharaoh - The Chang Project
Chronique d'album

Nef the Pharaoh - The Chang Project

Note de la redaction8,5/ 10
Par Le Stagiaire·

Nef the Pharaoh ne se contente pas de superposer des voix; il construit un carrefour où la frontière entre soliste et collectif s’efface. The Chang Project, sorti le 28 avril 2017, n’est pas une suite à Fresh Outta Space 3 (2016) ni une préface à The Big Chang Theory (2018): c’est le moment où l’artiste officialise une stratégie d’échange qui transforme l’album en un espace de circulation des flows. Entre EMPIRE, KILFMB et Sick Wid’ It Records, ce disque de quinze titres a pour mission de prouver que la collaboration n’est pas un embellissement superficiel, mais le cœur même de sa démarche.

Un laboratoire de dialogue entre deux albums studio

Entre deux albums studio, The Chang Project se positionne comme un laboratoire où chaque titre est une proposition de dialogue. Douze des quinze pistes comportent un featuring crédité, ce qui donne à l’album une texture dense et partagée. Cette architecture n’est pas un hasard: elle reflète une volonté de placer Nef the Pharaoh au centre d’un réseau plutôt que de l’y enfermer. Loin d’être un disque de compilation, il fonctionne comme une suite logique de Fresh Outta Space 3 (2016) et comme une étape préparatoire à The Big Chang Theory (2018), où l’on retrouvera Omb Peezy sur le titre « Victim ». Ici, l’album définit une trajectoire: celle d’un artiste qui choisit de ne pas s’isoler, mais de se nourrir des échanges.

Une architecture de 15 titres où 12 accueillent un featuring

La structure du disque est un choix éditorial affirmé. Sur les quinze titres, douze comportent un ou plusieurs invités, ce qui signifie que trois pistes seulement restent la voix seule de Nef the Pharaoh. Cette densité collaborative ne se résume pas à une liste de noms: elle crée une dynamique où chaque featuring vient modifier l’identité du morceau. La piste d’ouverture, « Chang You Are My Life », installe immédiatement cette logique de partage.

Khyenci, Ty Dolla $ign et Omb Peezy : un panorama collaboratif

L’album ne s’appuie pas sur une seule figure, mais sur une diversité de voix. Khyenci ouvre le disque sur « Chang You Are My Life », apportant une présence qui définit le ton d’entrée. Ty Dolla $ign intervient sur « Back Out » (piste 5), ajoutant une couche de flow qui contraste avec les titres solos. Omb Peezy figure sur « Move4 » (piste 6), où sa présence s’inscrit dans une continuité qui sera confirmée par sa collaboration avec Nef the Pharaoh sur « Victim » de The Big Chang Theory (2018). Ces trois noms ne sont pas des simples signatures: ils ancrent l’album dans un paysage où chaque voix est un maillon d’une chaîne. Parmi les autres collaborateurs, on trouve Rydah J. Klyde sur « Out There », Caleborate sur « Don’t Stress », Yhung T.O. sur « Spice », Loe Gino sur « LOE Gino’s Interlude », Slimmy B sur « Bling Blaow », Larry June sur « Cpt. Save a Hoe 2k17 », Remedy sur « Remedy’s Interlude » et « Klondike », The Real Lil Kayla sur « Klondike », Mozzy, Neech et Daboii sur « My Niggas », ainsi que Lul G sur le même titre. Chaque collaboration se distingue par sa propre empreinte, sans que l’album ne s’efface derrière elle.

Chang You Are My Life et My Niggas: les portes d’entrée et de sortie

Les deux titres qui encadrent le disque définissent ses bornes. « Chang You Are My Life » n’est pas une simple introduction: elle pose le cadre d’un projet qui se veut ouvert, où la voix de Nef the Pharaoh se donne comme un support pour d’autres artistes. « My Niggas », quant à elle, clôture l’album avec une densité qui résume l’ensemble du projet: un quartet de guests sur un seul morceau, une conclusion qui valide la stratégie de l’album. Entre ces deux portes, l’album propose une série d’alternances où les titres solos et les titres avec featuring se répondent.

Un manifeste de porosité artistique entre californie et underground

La présence de Larry June sur « Cpt. Save a Hoe 2k17 » (piste 10) et celle de Mozzy, Neech et Daboii sur la face de clôture ancrent The Chang Project dans un contexte de scène hip-hop californienne où les frontières entre artistes underground et figures établies sont poreuses. Loin d’être une simple accumulation de noms, ces collaborations dessinent une cartographie précise des alliances qui ont marqué la décennie 2010. Si The Big Chang Theory (2018) viendra officialiser la trajectoire de Nef the Pharaoh en tant qu’artiste aux commandes, The Chang Project fonctionne comme le point de rupture où son approche collaborative devient une doctrine. Entre les titres solos — « Bass Head », « Lauryn Hill », « Everything Big » — et les pistes partagées, l’album ne cherche pas à masquer la voix de Nef, mais à la positionner comme un catalyseur. Chaque featuring est une proposition d’écriture qui modifie l’identité du morceau sans l’effacer. C’est cette tension entre singularité et collectif qui donne à The Chang Project sa cohérence structurelle. L’architecture de The Chang Project se révèle être un véritable manifeste de porosité artistique, où chaque featuring agit comme une jonction dans un réseau de flows partagés. Sur « Out There » (piste 2), Rydah J. Cette diversité est confirmée par la présence de Yhung T.O. sur « Spice » (piste 4), dont la contribution ajoute une touche de mélancolie urbaine qui s’oppose au groove plus rythmique de « Back Out » avec Ty Dolla $ign sur la piste 5. Ces choix ne sont pas aléatoires: ils dessinent une cartographie précise des univers sonores que Nef the Pharaoh choisit de convoquer, transformant l’album en un espace de circulation où chaque voix apporte sa propre couleur sans effacer la voix centrale. The Chang Project n’est pas un disque qui cherche à imposer une signature, mais à la partager. Il ne s’agit pas d’un album de collaborations au sens commercial: chaque featuring est une proposition d’écriture, un échange de flows, un moment où Nef the Pharaoh laisse la place à d’autres voix. Entre 2016 et 2018, il s’inscrit comme une étape centrale dans la discographie de l’artiste, entre Fresh Outta Space 3 et The Big Chang Theory. C’est un disque qui officialise une démarche: celle d’un MC qui comprend que sa force réside dans sa capacité à recevoir, à faire circuler, à construire un projet collectif.

Fiche technique

- Sortie : 28 avril 2017 - Label : EMPIRE, KILFMB, Sick Wid’ It Records - Titres : 15 - Ouverture / clôture : Chang You Are My Life / My Niggas - Invités : Khyenci, Rydah J. Klyde, Caleborate, Yhung T.O., Ty Dolla $ign, Omb Peezy, Jay Ant, Loe Gino, Slimmy B, Larry June, Remedy, The Real Lil Kayla … - Album précédent : Fresh Outta Space 3 (2016)

🎬 Les clips de l’album

15 clips · lecture à la suite

Titres

  1. 1
  2. 2
  3. 3
  4. 4
  5. 5
  6. 6
  7. 7
  8. 8
  9. 9
  10. 10
  11. 11
  12. 12
  13. 13
  14. 14
  15. 15

🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 02/11/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Janice STFU— Drake
  3. 3What You Need— Tems
  4. 4Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
  5. 5Dead Fresh— Lil Baby
  6. 6Quebec— Drake
  7. 7So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  8. 8WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
  9. 9Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
  10. 10Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign

Chronique publiée le 05/11/2026 · Chroniques

© 2026 rap.fr — Tous droits réservés.

Autres chroniques