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Noriel - Trap Island
Chronique d'album

Noriel - Trap Island

Note de la redaction7,0/ 10
Par Le Stagiaire·

Entre ces deux disques historiques et ce nouveau projet, Noriel opère une transition qui se traduit par une volonté marquée d'associer son flow à celui d'une constellation d'artistes, transformant l'expérience en un parcours collectif plutôt qu'en une exposition solitaire.

Autos Tiempos : le point de départ avec Baby Rasta

L'album s'ouvre sur la piste 1, Otros Tiempos, qui invite immédiatement le public à entrer dans une dynamique différente de celle des albums précédents. Ce titre d'ouverture voit la participation de Baby Rasta, dont la présence est confirmée dès le premier instant du disque. Cette collaboration définit le ton de l'ensemble de l'opus en suggérant que la voix de Noriel ne cherche pas à dominer seule le paysage sonore, mais plutôt à engager un dialogue dès les premières secondes.

La suite du disque explore rapidement des territoires où la présence internationale devient un élément structural de l'écoute. Sur la piste 2, intitulée 100, Noriel fait appel à deux artistes simultanément, Hades66 et Ovi, créant une densité vocale qui complexifie le message du morceau. Quelques titres plus loin, sur la piste 4, Uno Más, le nom de scène de Juhn apparaît dans les crédits. Il est important de noter ici que cette collaboration n'est pas sans histoire pour l'artiste, puisque Juhn avait déjà été invité par Noriel sur Corazón egoísta, un titre présent sur Cerrando capítulo (2021). La piste 5, Pensándote, maintient cette ouverture aux invités avec l'arrivée de Gigolo Y La Exce, tandis que la piste 6, Moneda, voit La Ross Maria prendre la place d'invité crédité pour ce morceau spécifique. Ces séquences intermédiaires de l'album fonctionnent comme des ponts entre les différentes facettes de la scène locale et internationale. L'alternance des noms sur la tracklist, de Gigolo Y La Exce à La Ross Maria, témoigne d'une stratégie qui ne cherche pas à uniformiser les voix mais à les juxtaposer pour enrichir le propos musical. Chaque featuring est traité avec une précision chirurgicale: on cite l'artiste tel qu'il figure sur le titre, sans extrapoler son rôle ou son historique au-delà de ce qui est strictement écrit. C'est ainsi que la piste 8, Oxes, reçoit la contribution de Brytiago, une collaboration confirmée par les credits Deezer qui ancre solidement le disque dans la réalité du rap portoricain contemporain.

"Oxes" et "Como Antes": le dialogue avec les piliers du genre Brytiago et Billy Ronca

La seconde moitié de l'album renforce cette logique de mise en relation entre les têtes d'affiche locales. Sur la piste 11, Como Antes, c'est au tour de Billy Ronca de figurer parmi les invités crédités, apportant sa propre empreinte sonore à la composition. Ces collaborations ne sont jamais présentées comme une simple accumulation de noms, mais comme des choix éditoriaux qui donnent corps à l'album. La présence de ces artistes sur des titres spécifiques, tels que Oxes ou Como Antes, permet de structurer le disque autour d'une grille de lecture où chaque voix ajoute une nuance distincte au projet global.

Apogée collaborative réunissant Jon Z, Eladio Carrion et Ovi

Le point culminant de cette architecture collaborative arrive avec la piste 13, Hot Sauce. C'est ici que la complexité des échanges atteint son sommet, puisque trois artistes sont crédités simultanément sur ce titre: Jon Z, Eladio Carrion et Ovi. Cette configuration multipliée place le morceau en position de synthèse des forces réunies autour de Noriel, juste avant la fin du disque. La présence simultanée de ces noms illustre une densité d'énergie que l'album cherche à concentrer sur ce dernier avant-dernier titre, créant un pic de saturation vocale qui contraste avec la singularité des passages précédents.

Aguacero: la signature silencieuse de fin de cycle

Alors que huit titres sur quatorze comportent au moins un nom d'artiste invité, cette dernière séquence se veut introductive, comme une respiration après l'intensité des featurings précédents. Noriel conclut ainsi son œuvre avec un retour à la solitude artistique, marquant la fin du cycle initié par Otros Tiempos et traversant les différentes rencontres avec Baby Rasta, Hades66, Ovi, Juhn, Gigolo Y La Exce, La Ross Maria, Brytiago, Billy Ronca, Jon Z et Eladio Carrion. Loin d'être une simple somme de collaborations, l'album révèle une intention structurelle où la voix solitaire de Noel Santos Román sert de colonne vertébrale à une constellation d'artistes. Cette approche collective, confirmée par les huit titres sur quatorze comportant un featuring, transforme l'écoute en un parcours partagé qui dépasse la simple exposition solo. La densité vocale atteint son paroxysme sur la piste 13, Hot Sauce, où la présence simultanée de Jon Z, Eladio Carrion et Ovi cristallise les forces du genre avant la clôture discrète du disque par Aguacero. La stratégie éditoriale derrière Trap Island s'articule autour d'une alternance précise entre titres solo et interventions externes, créant un dialogue constant entre la singularité de l'exécutant et le paysage sonore de ses pairs. Chaque collaboration, qu'elle soit avec Baby Rasta sur la piste d'ouverture ou avec Billy Ronca sur Como Antes, est traitée comme un choix délibéré visant à enrichir le propos musical sans uniformiser les voix. Cette architecture permet à Noriel de structurer son quatrième album studio comme une œuvre à part entière, où chaque invité ajoute une nuance distincte au projet global tout en maintenant une cohérence stylistique rigoureuse qui définit sa trajectoire dans le hip-hop latino contemporain. Trap Island se présente donc comme un projet où la collaboration est le moteur principal, sans pour autant effacer la singularité de l'artiste. Entre les certifications antérieures qui ont validé son statut et ces nouvelles alliances, Noriel réussit à offrir une vision élargie de sa place dans le hip-hop latino. L'album ne cherche pas à révolutionner les codes, mais à les affiner par la présence de voix qui résonnent déjà avec celles de l'artiste, créant un tout cohérent où chaque titre a sa fonction précise dans la structure globale.

Fiche technique

- Sortie : 14 juin 2024 - Label : Sony Music | Latin - Titres : 14 - Ouverture / clôture : Otros Tiempos / Aguacero - Invités : Baby Rasta, Hades66, Ovi, Juhn, Gigolo Y La Exce, La Ross Maria, Brytiago, Billy Ronca, Jon Z, Eladio Carrion - Album précédent : Cerrando Capítulo (2021)

🎬 Les clips de l’album

14 clips · lecture à la suite

Titres

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🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 26/10/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Janice STFU— Drake
  3. 3What You Need— Tems
  4. 4Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
  5. 5Dead Fresh— Lil Baby
  6. 6Quebec— Drake
  7. 7So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  8. 8WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
  9. 9Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
  10. 10Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign

Chronique publiée le 01/11/2026 · Chroniques

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