
Piso 21 - El amor en los tiempos del perreo
Ce disque arrive comme un coup de fouet immédiat, propulsant le trio colombien au cœur d'une frénésie urbaine sans concession. De l'intro posée à l'énergie brute de « No Se Quitó », l'album trace sa propre ligne : nostalgie et modernité s'y affrontent sans trêve. C'est un retour à la forme pure après la compilation de 2020, mais avec une ambition qui dépasse le simple maintien du statut quo. La structure classique de quinze titres permet de respirer, offrant des zones de calme autour d'une densité collaborative souvent étouffante dans les productions actuelles. Piso 21 ne se contente pas de livrer un disque ; il orchestre un événement qui valide son évolution vers une scène internationale sans renier ses racines médelliniennes.
Le retour à la forme studio classique entre Intro et No Se Quitó
L'architecture de l'opus encadre le cœur du projet par deux portes distinctes. L'ouverture « Intro » pose immédiatement le ton sans fioritures, tandis que la dernière piste, « No Se Quitó », scelle l'album avec une énergie indéfectible. Neuf titres sur quinze comportent un ou plusieurs artistes invités, une proportion qui défie les standards actuels d'intégrité artistique tout en visant le sommet des charts. Cet équilibre entre morceaux solo comme « Tan Bonita » et collaborations lourdes garantit un rythme dynamique sur toute la durée de l'écoute. Le disque se place chronologiquement entre le studio Ubuntu (2018) et le projet suivant 777 (2022), marquant un palier essentiel dans la carrière du groupe formé en 2007. La stratégie de casting est ici l'axe central qui définit l'ensemble de la production. La densité des featurings pourrait sembler diluer l'identité pure du groupe, mais l'album parvient à maintenir une cohérence grâce à une sélection d'invités de poids. Chaque collaboration ajoute une strate spécifique au projet, transformant chaque titre en un moment distinct de l'histoire musicale du groupe. De la piste 1 à la piste 15, l'enchaînement est calculé pour alterner les énergies brutes et les moments de contraste. Cette approche hybride et ambitieuse permet d'ancre le son dans des registres variés sans trahir l'essence revendiquée du titre éponyme. La présence massive du reggaeton portoricain, combinée aux figures légendaires du genre, confirme le statut de Piso 21 comme groupe phare capable de naviguer entre les époques et les géographies musicales.
Casting d'élites : de Black Eyed Peas à Myke Towers
La stratégie de casting dévoile une volonté claire d'allier passé prestigieux et présent explosif. En effet, le reggae-eton colombien retrouve son complice historique sur ce titre, apportant une crédibilité internationale et un flow rap-reggaeton éprouvé qui contraste avec les titres plus mélodiques. L'alliance avec Myke Towers sur « Una Vida Para Recordar » introduit une présence massive du reggaeton portoricain, élargissant la base d'audience latine et apportant un flow technique affirmé. Ces choix sont des décisions conscientes pour ancrer le disque dans l'élite mondiale.
Hybride par excellence : fusionner reggaeton, bachata et dancehall sans trahir la signature
La production doit réussir l'impossible en harmonisant des genres éclectiques autour du titre « El amor en los tiempos del perreo ». L'invite de Christian Nodal sur « Pa' Olvidarme De Ella » démontre une capacité à intégrer des sonorités plus mélodiques ou latines traditionnelles sans pour autant trahir l'essence du perreo revendiqué par le titre. Cette fusion fonctionne grâce à une alternance intelligente entre titres solo comme « Intro » et collaborations, garantissant un rythme dynamique sur la durée. La présence de figures telles que Feid sur « Querida » marque une alliance stratégique avec l'un des artistes dominants du reggaeton colombien actuel, renouvelant la production urbaine du groupe. Le disque présente une structure de quinze titres allant de l'intro à la clôture, avec neuf pistes comportant un ou plusieurs artistes invités. Cette architecture narrative audacieuse permet d'explorer des territoires sonores variés tout en maintenant une identité reconnaissable.
Morceaux phares : 'Tan Bonita', 'Más De La Una' et le titre éponyme comme socles
La composition des titres confirme une ambition narrative où chaque collaboration sert de pivot vers une nouvelle géographie musicale ou générationnelle. Les prestations de Zion & Lennox sur « Dulcecitos » et de Moncas sur « Ay Qué Cool » ancrent le disque dans les piliers du reggaeton latino-américain, tandis que l'intervention de La Ghetto et DalePlay sur la piste de clôture renforce le lien avec l'histoire du rap hispanophone. Cette densité collaborative s'inscrit dans une continuité éditoriale : après la compilation Canciones Que Nos Marcaron (2020), ce disque marque un retour à la production originale, distinct de la compilation et distinct du studio Ubuntu (2018). Il ne s'agit pas d'une simple accumulation de noms, mais d'une orchestration où l'invite de Black Eyed Peas sur « Mami » rappelle les précédents historiques de l'interaction internationale du groupe, tandis que les collaborations avec Christian Nodal et Feid introduisent des dimensions mélodiques et urbaines contemporaines. L'alternance entre les titres solo, comme « Tan Bonita » ou « Dame Luz », et les faces collaboratives crée un flux où la durée totale de l'écoute permet de digérer cette variété sans rupture d'énergie. La structure en 15 titres, encadrée par « Intro » et « No Se Quitó », valide une approche classique du disque studio qui se distingue nettement de la sortie précédente tout en préparant le terrain pour 777 (2022). L'album ne se contente donc pas de prolonger les succès passés, il construit un univers propre où la densité des featurings devient elle-même un élément narratif, transformant la liste des collaborateurs en une carte des influences qui façonnent le son urbain actuel. Trois titres portent l'essentiel du discours de l'album, servant de piliers à cette construction artistique. « Tan Bonita » offre un moment de respiration nécessaire avant l'assaut collaboratif qui suit. « Más De La Una » confirme la longévité de la collaboration avec Maluma, antérieure à cet album via une piste précédemment créditée, apportant une crédibilité internationale et un flow rap-reggaeton éprouvé. Le titre éponyme « El Amor en Los Tiempos Del Perreo » incarne l'essence même du projet, naviguant entre retour aux sources perreo et modernisation par un casting d'élites internationales. Ces trois morceaux forment le socle discographique de l'album, illustrant la capacité du groupe à évoluer sans perdre son âme. La chronique s'achève sur une note claire : cet album consolide l'héritage du groupe en orchestrant une réception qui navigue entre le retour aux sources perreo et la modernisation par un casting d'élites internationales.
Fiche technique
- Sortie : 18 mars 2021 - Label : Warner Music México - Titres : 15 - Ouverture / clôture : Intro / No Se Quitó - Invités : Maluma, Myke Towers, Mabiland, Black Eyed Peas, Feid, Christian Nodal, Moncas, Zion & Lennox, Lalo Ebratt, De La Ghetto, DalePlay - Projet précédent : Canciones Que Nos Marcaron (compilation, 2020) - Album studio précédent : Ubuntu (2018)
🎬 Les clips de l’album
16 clips · lecture à la suite
Titres
- 1
- 2
- 3Más de la unafeat. Maluma
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8Mamifeat. Black Eyed Peas
- 9
- 10
- 11
- 12
- 13Ay qué coolfeat. Moncas
- 14Dulcecitosfeat. Zion & Lennox
- 15
- 16
🔥 Les tracks qui cartonnent
Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 19/10/2026
- 1I Just Might— Bruno Mars
- 2Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
- 3Janice STFU— Drake
- 4Quebec— Drake
- 5Dead Fresh— Lil Baby
- 6What You Need— Tems
- 7Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
- 8So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
- 9WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
- 10Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign



