
Raekwon - The Emperor’s New Clothes
The Emperor's New Clothes de Raekwon revient en force comme le huitième opus studio du légendaire artiste new-yorkais, marquant un retour attendu après une longue période d'attente et confirmant son statut de figure tutélaire du genre. Ce deuxième volet de la série Legend Has It…, lancé par le label Mass Appeal en avril 2025, célèbre les icônes du rap avec une ambition monumentale tout en revendiquant des racines profondes face à un public exigeant. Sur une durée de 40 min 39 s et une liste de 17 titres, le projet condense l'essence d'une trajectoire mythique plutôt que de simplement l'étaler pour le plaisir de la quantité.
Le huitième acte d'une trajectoire mythique
L'album s'annonce comme un retour en grâce, ancré dans l'histoire du genre. Cette sortie s'inscrit dans une série dédiée aux figures tutélaires de la scène, aux côtés de projets majeurs comme ceux de Nas & DJ Premier ou Mobb Deep. L'opération vise à confirmer une continuité avec des collaborations passées tout en ouvrant un nouveau chapitre pour Raekwon. Sa trajectoire est celle d'un artiste qui ne cherche pas à inventer la roue mais à préserver et transmettre un mythe, drapant son album d'une histoire ornementale et lourde, plus investie dans la conservation d'une légende que dans sa réinvention. Ce huitième chapitre suit directement la lignée de Only Built 4 Cuban Linx… (1995) et traverse les albums suivants jusqu'à ce retour attendu après The Wild. L'objectif est clair: affirmer que l'artiste reste pertinent au sein d'une lignée prestigieuse où chaque titre porte le poids de l'héritage.
L'épopée des légendes: un casting historique dense
La force principale du disque réside dans la densité et la qualité de son casting. La suivante, Wild Corsicans, opère un glissement temporel et géographique en réunissant Conway the Machine, Benny The Butcher et Westside Gunn. Sur 600 School, le featuring devient une déclaration d'amour à la famille avec la présence simultanée de Ghostface Killah et Method Man, consolidant le lien direct avec les racines du groupe et le label Mass Appeal. Les collaborations avec Nas sur The Omerta et Marsha Ambrosius sur Debra Night Wine ajoutent une dimension narrative et mélodique qui élargit l'horizon de l'album. Le projet se conclut par une série de features avec Ghostface Killah, notamment sur Get Outta Here et la dernière piste, Mac & Lobster, servant de conclusion forte à l'album et rappelant le lien indéfectible entre les deux figures du Wu-Tang Clan.
Racines du Boom Bap: samples classiques et authenticité
La texture sonore de l'album repose sur des samples d'anciens standards de la soul et du funk, conférant au projet une identité rétro authentique. D'autres titres puisent dans le répertoire de Marvin Gaye & Tammi Terrell ou encore dans les classiques de Public Enemy comme Shut 'Em Down. Cette approche garantit une cohérence stylistique marquée par des samples classiques qui permettent à Raekwon de naviguer avec aisance dans un univers familier. Cependant, cette fidélité aux codes du passé ne va pas sans heurts techniques. Le mixage fait ressortir ces samples avec une intensité excessive, donnant une sensation de surcharge sonore et d'un vernis artificiel qui nuit à l'immersion auditive. Les critiques soulignent que le son est comme cranked up too loud et recouvert d'un vernis synthétique jugé peu séduisant, ce qui crée une tension notable entre l'intention nostalgique et la réalité de l'exécution technique.
Une réception nuancée entre prestige et réserves critiques
Malgré ce casting légendaire et cette ambition historique, la réception critique du disque reste mitigée, marquée par un score moyen de 63 sur 100 sur Metacritic basé sur une moyenne pondérée de quatre critiques. Les avis sont globalement favorables mais pointilleux sur le manque d'attrait mélodique et la lourdeur du son. Certains observateurs notent que l'ensemble de la palette musicale manque d'intrigue ou de séduction, tout en reconnaissant que Raekwon lui-même se montre à sa meilleure forme. L'album est décrit comme une œuvre taillée pour les amateurs de hip-hop expérimentés et avertis, ceux qui ont assisté aux concerts du Madison Square Garden et sont prêts à embrasser une esthétique ornementale et pesante. Il s'agit d'un disque qui fonctionne davantage comme un hommage poli à l'école new-yorkaise qu'une rupture stylistique, ce qui explique pourquoi il ne surprend pas autant qu'il pourrait le faire compte tenu de l'enjeu historique.
Mac & Lobster: la conclusion d'un retour en gloire
La présence de Stacy Barthe sur 1 Life et de Tommy Nova sur Open Doors élargit la palette sonore au-delà des codes traditionnels du groupe, tandis que Marsha Ambrosius apporte une dimension mélodique distincte sur Debra Night Wine. Ces choix de featurings ne se limitent pas aux anciens partenaires mais s'étendent à des artistes de générations différentes, soulignant l'intention de Raekwon de tisser un lien transversal au sein de la scène new-yorkaise. Le contexte de sortie en juillet 2025 dans le cadre de la série Legend Has It… renforce cette démarche de réaffirmation d'un héritage commun, opposant peut-être la singularité de chaque artiste à une identité collective forte. L'album se distingue par son statut de huitième opus studio, marquant un retour attendu après huit ans, mais il s'inscrit aussi dans une chronologie précise où Raekwon a déjà collaboré avec plusieurs de ces invités bien avant cette date. Des liens antérieurs existent entre Raekwon et Inspectah Deck depuis 1995, ou encore avec Conway the Machine depuis 2017, créant un réseau de collaborations dense qui précède largement la sortie de ce disque. Cette continuité suggère que The Emperor's New Clothes n'est pas seulement un album solitaire mais le point culminant d'une trajectoire où les collaborations ont servi de fondations avant cette consolidation définitive sous l'égide de Mass Appeal. La fin du parcours sonore se joue sur la dernière piste, Mac & Lobster, qui clôture le disque à la position 17 avec un featuring de Ghostface Killah. Ce titre final explique que personne ne veut être avec lui et que des grands projets sont imaginés, servant de conclusion forte à l'album. En signant ainsi l'œuvre, Raekwon rappelle le lien indéfectible entre les deux figures du Wu-Tang Clan et boucle la boucle narrative d'un retour en grâce. Bien que cette conclusion soit puissante dans son ancrage mythique, elle ne parvient pas à compenser les réserves émises sur la texture globale de l'album.
Fiche technique
- Sortie : 18 juillet 2025 - Label : Mass Appeal - Titres : 17 (40 min 39 s) - Ouverture / clôture : Intro / Mac & Lobster - Invités : Inspectah Deck, Carlton Fisk, Conway the Machine, Benny The Butcher, Westside Gunn, Stacy Barthe, Tommy Nova, Ghostface Killah, Method Man, Nas, Marsha Ambrosius - Album précédent : The Wild (2017)
🎬 Les clips de l’album
17 clips · lecture à la suite
Titres
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 61 Lifefeat. Stacy Barthe
- 7
- 8Open Doorsfeat. Tommy Nova
- 9
- 10
- 11
- 12
- 13The Omertafeat. Nas
- 14
- 15
- 16
- 17
🔥 Les tracks qui cartonnent
Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 12/10/2026
- 1Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
- 2Quebec— Drake
- 3I Just Might— Bruno Mars
- 4Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
- 5Janice STFU— Drake
- 6Dead Fresh— Lil Baby
- 7Classic— Drake
- 8What You Need— Tems
- 9Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign
- 10So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar



