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SCH - JVLIVS III : Ad Finem
Chronique d'album

SCH - JVLIVS III : Ad Finem

Note de la redaction7,5/ 10
Par Le Stagiaire·

JVLIVS III : Ad Finem ne clôt pas une histoire comme on l'attendait. Ce septième album studio, paru le 6 décembre 2024 sur Maison Baron Rouge et Warner Music France, n'est plus la suite d'un récit de parrainage ou de meurtre. C'est un acte de rupture avec sa propre fiction. SCH utilise ce disque pour affirmer qu'il ne se situe plus dans l'histoire de la mafia qu'il a construite depuis 2018, mais dans une réalité brute où il doit composer avec d'autres voix, des autres mondes.

Ad Finem: la fin de la tétralogie comme rupture avec le mythe mafieux

L'album se présente comme le dernier maillon d'une chaîne narrative lancée en 2018, mais sa véritable fonction est d'en déconstruire les fondements. Il ne s'agit plus de prolonger la saga: il s'agit de marquer une distance entre l'artiste et le personnage qu'il a incarné pendant six ans. La densité sonore du projet — 18 titres qui totalisent près de 57 minutes — reflète cette tension entre un passé narratif encore présent et un présent qui exige d'autres règles.

La fragmentation productrice: chaos intérieur et cohérence narrative

La production est marquée par une hétérogénéité volontaire. Augustin Charnet et Guilherme Alves dominent le disque avec treize titres, mais Seezy, Vito Bendinelli, Luc Blanchot et Monomite y interviennent régulièrement, tandis que Woosbad, Cameliro, Amakuno ou Geo On The Track apportent des touches distinctes sur d'autres pistes. Cette fragmentation n'est pas un défaut: elle correspond à l'idée que la fin du mythe s'accompagne d'une perte de contrôle total sur le son. Chaque producteur impose sa signature sans que cela ne soit un choix stylistique uniforme, mais une représentation du chaos intérieur d'un homme libéré de sa cage narrative tout en restant prisonnier de son passé.

Soldi famiglia et 02:00: les featurings comme ancre dans un monde extérieur à la mafia

Deux titres seulement comptent des collaborations officielles, et elles ne servent pas à étendre l'univers mafieux. Sur « Soldi famiglia », Sfera Ebbasta revient sur un terrain déjà partagé entre eux deux: SCH avait été invité par lui sur « Balenciaga » en 2016, puis sur « Cartine Cartier » de l'album Anarchie (2016). Cette fois, la collaboration ne prolonge pas une relation mafieuse, elle ancre SCH dans un présent où il doit composer avec d'autres voix. Sur « 02:00 », Damso vient ajouter sa propre dimension collaborative à la fin du projet, sans que cela ne soit une extension de l'intrigue: c'est un autre monde qui se superpose au récit clos. Ces deux featurings ne sont pas des prolongements thématiques; ce sont des marques d'une sortie du système mafieux.

« Lumière blanche (Ad Finem) »: métaphore de l'émancipation plutôt que simple point d'orgue rock

La dernière piste, qui clôt le disque, n'est pas un retour au rock comme point d'orgue thématique. Elle est une métaphore visuelle de la lumière qui perce enfin après l'enfermement. Le solo de guitare délirant digne des plus grandes rock stars ne sert pas à célébrer une esthétique: il symbolise le passage du mythe à la réalité, la fin d'une narration pour entrer dans un présent où la voix du rappeur n'est plus celle d'un personnage de fiction mais d'un homme qui se redéfinit.

Bilan: un album qui ne conclut pas une histoire, mais libère un personnage

JVLIVS III : Ad Finem ne conclut pas une histoire, il libère un personnage. Entre la fragmentation productrice, les featurings qui marquent une distance avec le mythe mafieux et la fin rock comme métaphore de l'émancipation, ce disque fonctionne comme un point de rupture plutôt que comme un point d'arrivée. SCH n'est plus celui qui raconte une histoire de crime: il est celui qui en sort.

Fiche technique

- Sortie : 6 décembre 2024 - Label : Maison Baron Rouge, Warner Music France - Titres : 18 (56 min 58 s) - Ouverture / clôture : Intro - Ego sum / Lumière blanche (Ad Finem) - Invités : Sfera Ebbasta, Damso - Album précédent : JVLIVS Prequel : Giulio (2024)

🎬 Les clips de l’album

19 clips · lecture à la suite

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  1. 1I Just Might— Bruno Mars
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Chronique publiée le 05/10/2026 · Chroniques

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