Cet opus se compose de vingt titres dont treize comportent un ou plusieurs artistes invités crédités, transformant la liste des noms en un manifeste de continuité stylistique sur une période où l'artiste sort également Kush et 7 Days Instrumentals, tous deux datant de 2014.
Pop Bang: Daz Dillinger ouvre la porte au passé immédiat
L’album s’ouvre immédiatement par « Pop Bang », un titre qui ancre dès les premières secondes le projet dans la tradition gangsta classique. La présence de Daz Dillinger sur ce morceau n'est pas une simple coïncidence: elle renforce l'héritage du label Doggy Style Records et rappelle la longévité d'une amitié artistique construite sur des décennies. Leur collaboration remonte à Tha Doggfather (1996), où Daz Dillinger est déjà invité par Snoop Dogg, puis se poursuit avec « I’m Threw Witchu » (R&G (Rhythm & Gangsta): The Masterpiece, 2004) et « Candy (Drippin’ Like Water) » (Tha Blue Carpet Treatment, 2006). Sur ce titre d'ouverture, le duo réactive une dynamique de pair à pair qui définit l'univers sonore de la West Coast depuis les années 90.
Never Had It Like This: Warren G et Teeflii, un pont générationnel
Au cœur du disque, la piste « Never Had It Like this » fonctionne comme un creuset où se mêlent deux figures aux trajectoires distinctes mais complémentaires. L'invite de Teeflii, un rappeur local, rencontre celle de Warren G, icône de la Golden Era. Cette convergence crée un pont générationnel tangible entre le présent et l'héritage. Pour Warren G, cette collaboration rappelle sa longue histoire avec Snoop Dogg, visible sur des titres comme « Groupie » (Tha Doggfather, 1996) ou « Don't Tell » (No Limit Top Dogg, 1999). En revanche, pour Teeflii, la rencontre se situe après cet album, puisque le duo s'est réuni plus tardivement sur le titre « Addicted » de l'album Starr (2015), montrant ici une volonté de Snoop Dogg d'inclure des voix émergentes aux côtés de ses piliers historiques.
On Edge: Kali Uchis apporte une texture mélodique inédite
La diversité des sonorités se confirme avec « On Edge », qui introduit la voix de Kali Uchis dans le canon traditionnel du rap Snoop Dogg. Sa présence marque une rupture mélodique, apportant une texture féminine contemporaine qui contraste avec les approches plus brutes ou funk habituelles. Cette invitation s'inscrit dans la volonté de l'artiste d'élargir son univers sonore au-delà des seules références gangsta, bien que cela ne change pas fondamentalement sa posture d'auteur, comme en témoigne également le titre « Freestyle » où Kurupt reprend les rênes pour un retour plus traditionnel.
Weed N Wax: Soopafly retourne aux racines funk du label
L'ancrage local et fonctionnel est réactivé par la présence de Soopafly sur « Weed N Wax ». Ce titre rappelle une époque où Snoop Dogg et Soopafly partageaient déjà la scène dans les années 2000, comme sur le morceau « Lollipop » (Paid tha Cost to Be da Bo$$, 2002) ou « Can U Control Yo Hoe » (R&G (Rhythm & Gangsta): The Masterpiece, 2004). Sur cet opus de 2014, Soopafly ne revient pas comme une nouvelle recrue mais comme un gardien des racines funk du label, contribuant à réactiver l'énergie brute d'une scène Oakland qui a marqué l'histoire du hip-hop.
Ain't Nobody: la densité des collaborations comme force principale
La structure même de That’s My Work 3 repose sur cette densité des collaborations légendaires de la West Coast. Sur les vingt titres, treize comportent un featuring, créant un collage sonore où l'écriture reste le fil conducteur. Des noms tels que Tha Dogg Pound (« Dick Walk »), Black Hef, E‐White et Kokane (« Ain’t Nobody ») ou Pooh Bear (« Happy Birthday, Pt. 2 ») participent à ce équilibre entre tradition et modernité. Chaque collaboration apporte une couleur spécifique: de l'énergie collective brute de « Ain't It Man » aux sonorités plus douces des titres avec Kali Uchis, le disque refuse la monotonie tout en maintenant une cohérence stylistique. La tracklist confirme cette ambition avec des titres emblématiques tels que « Dick Walk », qui place Tha Dogg Pound au centre d'un retour aux sources funk, ou encore « Around the World » et « What's Yo Pleasure », qui réactivent la dynamique légendaire entre Snoop Dogg et Daz Dillinger. Ces collaborations ne sont pas de simples apparitions; elles résonnent avec l'histoire partagée des deux artistes, rappelant leurs précédentes interventions mutuelles sur des albums majeurs comme Tha Doggfather (1996) ou Doggumentary (2011), tout en annonçant une continuité qui transcende les époques. La présence de Pooh Bear sur « Happy Birthday, Pt. 2 » et celle de Kurupt sur « Freestyle » viennent compléter ce tableau, illustrant comment Snoop Dogg orchestre un grand rassemblement de ses pairs historiques pour célébrer la longévité du label. Cette approche collective transforme That's My Work 3 en un manifeste de l'unité West Coast, où la densité des featuring devient le principal vecteur d'intérêt artistique. L'opus se distingue par sa capacité à intégrer des voix aussi variées que Kali Uchis sur « On Edge » ou Black Hef avec E‐White et Kokane sur « Ain't It Man », sans jamais sacrifier l'identité gangsta qui fonde le projet. En scellant son parcours avec « Gangstas Don't Live That Long », le disque valide une stratégie où l'héritage n'est pas seulement évoqué, mais activement maintenu par la force brute d'une vingtaine de titres qui racontent l'histoire d'un label entier à travers les voix de ses membres les plus influents.
Le bilan de That’s My Work 3 est celui d'une réussite par sa capacité à intégrer une pléthore d'invités sans diluer l'identité de son auteur principal. L'album se clôture avec « Gangstas Don’t Live That Long », scellant ainsi l'héritage d'un projet sorti entre deux autres disques studio confirmés, Kush et 7 Days Instrumentals, tous deux datant de 2014. C'est un album qui fonctionne moins par la surprise des sonorités que par la puissance du regroupement d'un pan entier de la discographie West Coast autour de Snoop Dogg.
Fiche technique
- Sortie : 27 février 2014 - Label : Doggy Style Records - Titres : 20 - Ouverture / clôture : Pop Pop Bang / Gangstas Don’t Live That Long - Invités : Daz Dillinger, Tha Dogg Pound, Teeflii, Warren G, Kali Uchis, Soopafly, Black Hef, E‐White, Kokane, Kurupt, Pooh Bear - Album précédent : Kush (2014)
🎬 Les clips de l’album
20 clips · lecture à la suite
Titres
- 1
- 2
- 3Dick Walkfeat. Tha Dogg Pound
- 4
- 5
- 6Phenomenonfeat. Daz Dillinger
- 7On Edgefeat. Kali Uchis, Snoop Dogg
- 8
- 9Weed N Waxfeat. Soopafly
- 10
- 11
- 12
- 13
- 14
- 15
- 16
- 17Feel Like Heavenfeat. Soopafly
- 18
- 19
- 20
🔥 Les tracks qui cartonnent
Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 05/10/2026
- 1I Just Might— Bruno Mars
- 2Janice STFU— Drake
- 3Folded— Kehlani
- 4Dead Fresh— Lil Baby
- 5What You Need— Tems
- 6Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign
- 7AH HA— Cardi B
- 8So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
- 9WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
- 10Spend Dat— Yung Miami



