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Uncle Murda - The First 48
Chronique d'album

Uncle Murda - The First 48

Note de la redaction7,0/ 10
Par Le Stagiaire·

The First 48 s’ouvre sur Black Yellow. Une piste qui fixe d’emblée l’atmosphère du disque: un huis clos tendu où la parole de Leonard Carl Grant, né le 25 juillet 1980 à Brooklyn, se heurte à un silence qui pèse. L’album, publié le 24 janvier 2013 sur le label All Love, refuse de se poser en simple compilation de singles. Il se donne comme une suite cinématographique, structurée par des skits qui ponctuent la tracklist de vingt-quatre titres. Entre Warning Skit et Chris Lighty Skit, l’écoute se fait en plusieurs temps, chaque séquence servant à avancer une narration qui ne cherche pas seulement à impressionner par des rimes.

Black Yellow installe la tension narrative de l'album

Black Yellow installe immédiatement la tension narrative. Ce n’est pas un titre accrocheur au sens commercial, mais une porte d’entrée qui définit le ton de l’album. La production y privilégie une approche intime, presque confessionnelle, comme si chaque ligne était une preuve déposée. C’est un choix éditorial: l’album commence en solo, puis s’ouvre progressivement à d’autres voix.

French Montana, doublement impliqué: Money Work et Balling Out

French Montana apparaît dès Money Work, la deuxième piste de l’album, et revient plus tard sur Balling Out. Sa présence n’est pas anecdotique: elle donne une consistance à l’album, comme si chaque featuring ajoutait une pièce à un puzzle qui se construit autour du rappeur de Brooklyn. Sur Money Work, il apporte une énergie qui contraste avec le flow plus posé de Murda, sans pour autant masquer sa voix. Sur Balling Out, il confirme son rôle de figure centrale dans les choix collaboratifs du projet. French Montana devient ainsi un maillon entre l’intimité du disque et la dimension plus large qu’il ambitionne.

Wale et Ca$h Out maillent la scène underground new-yorkaise

Wale intervient sur Fck Ya Friend aux côtés de French Montana. Cette double présence renforce le sentiment d’un réseau de collaborations au sein de la scène locale. Il ne s’agit pas d’un simple ajout de volume, mais d’une complémentarité de registres. Ca$h Out, quant à lui, figure sur Why You Mad. Sa présence ancre le disque dans une dynamique de proximité, celle d’un artiste qui travaille avec des figures de la scène underground new-yorkaise. Ces collaborations ne sont pas là pour embellir une couverture de disque: elles servent la narration.

Chinx et Maino: l'ancrage territorial et l'ouverture vers le succès

Who Want Beef, avec Chinx, confirme cette logique d’ancrage territorial. Candy Yams, la dernière piste de l’album, est quant à elle signée avec Maino. Maino n’est pas inconnu: il avait déjà été invité par Uncle Murda sur Gun With a Body, extrait de Say Uncle 2 Hard for Hip Hop (2006). Cette collaboration n’est donc pas une première rencontre, mais la confirmation d’une alliance déjà établie. Candy Yams, en position de clôture, donne à l’album une fin qui résonne avec son ouverture. Six titres comportent un featuring, soit une part modeste d’un album de vingt-quatre pistes. C’est un équilibre calculé. Loin d’être saturé de collaborations, The First 48 conserve une identité forte. Les skits, nombreux, ne sont pas là pour remplir des espaces vides: ils ponctuent l’écoute, comme les coupures d’un film. Chaque featuring intervient à un moment précis de la tracklist, comme une scène qui avance l’histoire. Black Yellow ouvre l’enquête, French Montana en est un témoin clé, Wale et Ca$h Out apportent leurs regards, Chinx et Maino ferment le cercle. Le disque se lit comme un récit où chaque voix compte.

Bilan d'un album-dossier structuré comme un récit cinématographique

Les titres tels que Warning Skit, Chris Lighty Skit et Police Skit ne servent pas à remplir des espaces vides, mais à avancer un récit qui donne du sens à chaque piste. Cette volonté de mise en scène se retrouve aussi dans la place de chaque collaborateur: French Montana, Wale, Ca$h Out, Chinx et Maino ne sont pas là pour embellir une pochette, mais pour confirmer une appartenance à une scène précise. L’album se situe dans une période charnière de la carrière d’Uncle Murda. Entre le précédent album studio, Hard to Kill (2008), et le suivant, Ain’t Nothing Sweet (2014), The First 48 marque une étape où l’artiste cherche à se réaffirmer après avoir quitté Roc-A-Fella Records. Il ne s’agit pas d’une conclusion, mais d’un dossier qui prouve sa capacité à construire un projet autour d’une idée forte, loin des moyens d’un label géant. Chaque featuring intervient à un moment précis, comme une scène qui fait avancer l’histoire. Black Yellow ouvre l’enquête, French Montana en est un témoin clé, Wale et Ca$h Out apportent leurs regards, Chinx et Maino ferment le cercle. Le disque se lit comme un récit où chaque voix compte, chaque piste ayant son rôle dans une architecture sonore pensée comme un tout. Le disque s’inscrit dans une trajectoire marquée par un retour vers des racines brutes, loin du glamour des grandes maisons. Après avoir quitté Roc-A-Fella Records en 2007, Uncle Murda a publié Hard to Kill (2008) avant de se tourner vers ce projet plus intime. Elle marque un tournant dans sa carrière, mais The First 48 reste l’aboutissement d’une période d’autonomie. La tracklist de vingt-quatre titres, dont l’ouverture par Black Yellow et la clôture par Candy Yams, forme une structure narrative cohérente. Les skits, comme Warning Skit ou Chris Lighty Skit, ponctuent l’écoute sans remplir les espaces vides, tandis que les collaborations avec French Montana, Wale, Ca$h Out, Chinx et Maino confirment une appartenance à une scène précise. The First 48 ne vise pas la densité commerciale à tout prix. Il se donne comme un album-dossier, un recueil de témoignages sonores qui se construisent les uns sur les autres. Les collaborations sont là pour confirmer une appartenance, pas pour masquer une faiblesse. The First 48 n’est pas une conclusion, mais une étape. Il prouve que l’artiste sait construire un projet autour d’une idée, même sans les moyens d’un label géant.

Fiche technique

- Sortie : 24 janvier 2013 - Label : All Love - Titres : 24 - Ouverture / clôture : Black Yellow / Candy Yams - Invités : French Montana, Wale, Ca$h Out, Chinx, Maino - Album précédent : Summer Time Shootouts (2009)

🎬 Les clips de l’album

24 clips · lecture à la suite

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🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 02/11/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Janice STFU— Drake
  3. 3What You Need— Tems
  4. 4Dead Fresh— Lil Baby
  5. 5Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
  6. 6So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  7. 7WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
  8. 8Quebec— Drake
  9. 9Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
  10. 10AH HA— Cardi B

Chronique publiée le 07/11/2026 · Chroniques

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