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August Alsina - This Thing Called Life
Chronique d'album

August Alsina - This Thing Called Life

Note de la redaction7,0/ 10
Par Le Stagiaire·

Ce disque s'ouvre sur This Thing Called Life, première piste, qui établit le pacte régissant le projet d'August Alsina. Entre mélancolie et dureté de la réalité, le titre annonce la dualité de ce deuxième album studio, publié le 11 décembre 2015 par Def Jam Recordings. Ce n'est pas une suite commerciale à Testimony (2014) mais une consolidation d'un statut artistique qu'il doit désormais affirmer. L'album se clôture par The Encore, quinzième piste, scellant une trajectoire encadrée par ces deux moments qui marquent l'entrée et la fin du récit. Dans cet espace temporel, la tension entre la vulnérabilité vocale de l'artiste et la nécessité d'un ancrage urbain se traduit par une stratégie de collaborations de poids pour légitimer sa place dans la hiérarchie du R&B moderne.

L'alchimie R&B et contes de rue validée par la critique

L'essence de This Thing Called Life réside dans sa capacité à appliquer les aspects tendres du R&B à des histoires de rue. Renato Pagnani, de Pitchfork, juge que cette alchimie consolide la position d'August Alsina parmi l'aristocratie du R&B contemporain. Cependant, la critique soulève un paradoxe: le son ne parvient pas toujours à s'imposer avec une identité propre, se contentant de reprendre ce qui a déjà été exécuté de manière plus brillante par d'autres artistes R&B plus établis. Au-delà de ces réserves sur la singularité sonore, des voix comme Andy Kellman d'Allmusic y voient une immersion profonde dans la vie de rue et ses retombées sinistres, transformant les douleurs personnelles en matériaux bruts pour la composition.

Un « thuggy mixture » : production sombre et urbaine

La production est décrite comme un « thuggy mixture » qui réussit, dans ses intentions, à lier le lyrisme du R&B aux textures plus rugueuses du hip-hop. Cette approche ancre le disque dans la réalité de la rue, créant un univers où les conséquences sombres de la vie urbaine ne sont pas seulement évoquées, mais sonorisées. Le disque navigue effectivement entre ces deux pôles, les aspects doux et introspectifs d'un côté, les contes de rue de l'autre, pour tenter de forger une cohérence artistique. C'est cette tension entre la fragilité vocale de l'interprète et la dureté des beats qui définit l'expérience d'écoute, même lorsque le résultat final peut donner l'impression de suivre des sentiers déjà battus par des pairs plus expérimentés. L'album cherche à fusionner ces registres, mais la recette reste parfois un amalgame de styles déjà maîtrisés par d'autres, ce qui limite sa capacité à innover radicalement dans le paysage musical de l'époque.

Trois légendes urbaines confirment l'ambition du projet

L'ambition de ce projet se mesure à la composition de sa liste des artistes invités, qui intervient sur trois titres spécifiques pour donner du poids aux affirmations de l'artiste. Sur Job, Anthony Hamilton et Jadakiss sont crédités, apportant une présence confirmée qui vise à élargir la palette vocale et stylistique du disque. Sur Why I Do It, c'est au tour de Lil Wayne de rejoindre August Alsina, confirmant sa présence sur ce titre et renforçant l'ancrage hip-hop de l'opus. Enfin, sur Been Around the World, Chris Brown est présent, validant l'association avec un autre monstre du R&B. La présence de ces légendes urbaines sur des titres précis est une stratégie de légitimation qui vise à montrer que l'artiste peut tenir sa place aux côtés de références majeures, même si le résultat global montre des hésitations sur le plan de l'originalité sonore.

Bilan d'une fusion de genres entre lyrisme et textures urbaines

Au final, This Thing Called Life représente une étape charnière dans la carrière d'August Alsina, marquant la transition vers un statut plus affirmé dans le R&B moderne, comme le suggèrent les éloges de la presse spécialisée. L'album, qui a débuté à la 14e place du Billboard 200 en vendant 41 000 copies lors de sa première semaine, offre une vision sombre et nuancée de la vie urbaine. Il s'agit d'une œuvre où la fusion des genres est au cœur du propos, même si elle ne parvient pas toujours à s'imposer avec une signature unique. Entre les critiques qui jugent le son trop dépendant de modèles existants et celles qui y voient une réussite dans le mélange des registres, le disque reste une tentative ambitieuse de définir une identité artistique. Il conclut l'ère de Testimony et ouvre la voie vers The Product III: stateofEMERGEncy (2020), marquant une période où l'artiste cherche à solidifier sa place, malgré les doutes légitimes sur l'unicité de sa voix face aux géants du genre qu'il courtise.

Fiche technique

- Sortie : 11 décembre 2015 - Label : Def Jam Recordings - Titres : 15 - Ouverture / clôture : This Thing Called Life / The Encore - Invités : Anthony Hamilton, Jadakiss, Lil Wayne, Chris Brown - Album précédent : Testimony (2014)

🎬 Les clips de l’album

15 clips · lecture à la suite

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🔥 Les tracks qui cartonnent

Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 19/10/2026

  1. 1I Just Might— Bruno Mars
  2. 2Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
  3. 3Janice STFU— Drake
  4. 4Quebec— Drake
  5. 5Dead Fresh— Lil Baby
  6. 6What You Need— Tems
  7. 7Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
  8. 8So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
  9. 9WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
  10. 10Cinderella— Mac Miller Featuring Ty Dolla $ign

Chronique publiée le 26/10/2026 · Chroniques

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