
Teena Marie - Emerald City
Sorti le 4 juin 1986 sur le label Epic, Emerald City est le septième album studio de Teena Marie. Cette chanteuse américaine née le 5 mars 1956 à Santa Monica, en Californie, et décédée le 26 décembre 2010 à Pasadena, surnommée The Ivory Queen of Soul, a ici opéré un virage net. Loin du soul et du funk qui ont défini sa trajectoire depuis Wild and Peaceful (1979) ou Starchild (1984), il s’agit d’un concept album aux fortes influences blues et rock. L’album contient 13 titres, dont la première piste est Emerald City et la dernière Lead Me On. Ce disque, qui s’inscrit entre Starchild (1984) et Naked To The World (1988), n’est pas une suite logique de Lady T (1980) ou It Must Be Magic (1981), mais une exploration stylistique qui a posé des questions. Il s’agissait d’un pari artistique audacieux, mais qui a rencontré un public réticent, les fans et les critiques restant perplexes face à ce changement de registre.
Emerald City ouvre un cycle urbain
Le disque s’ouvre immédiatement sur le titre éponyme. C’est une porte d’entrée qui donne son nom au disque, un titre qui fonctionne comme une carte mentale de l’album. La production intègre dès les premières secondes une esthétique qui s’éloigne du groove funk habituel de Teena Marie. Le disque s’articule autour de cette idée de ville, d’espace clos, de circulation, de rencontres fugaces. La piste suivante, Once Is Not Enough, continue cette dynamique d’immersion dans un environnement urbain où le temps est compté.
You So Heavy: le moment de clou avec Stevie Ray Vaughan
Le quatrième titre, You So Heavy, est sans doute le moment le plus marquant de l’album. Sur ce morceau, Stevie Ray Vaughan compose et interprète le solo de guitare. Il ancre Emerald City dans une tradition de blues-rock qui dialogue avec le soul de Teena Marie. La guitare de Vaughan donne une dimension instrumentale au disque qui dépasse le cadre vocal.
Shangri-La, un refuge mystique jamais lancé en single
Le cinquième titre, Shangri-La, constitue un moment de suspension, une sorte de parenthèse mystique au cœur de l’album. Ce morceau, bien qu’il n’ait jamais été lancé en single ni classé, est devenu un titre de référence pour les programmes Quiet Storm sur les radios adult R&B. Il s’agit d’un titre qui fonctionne comme une destination, une sorte de refuge sonore au milieu des titres plus urbains. Il s’inscrit dans la continuité de l’exploration conceptuelle du disque, mais aussi dans une lignée de titres plus contemplatifs qui rappelle certaines orientations de Wild and Peaceful (1979), sans pour autant y renvoyer.
Lips to Find You et Love Me Down Easy: l'échec radiophonique
Les titres Lips to Find You et Love Me Down Easy, tous deux sortis en singles, ont atteint respectivement le numéro 28 et le numéro 76 du Black Singles chart. Aucun des deux n’a cependant percé sur le Billboard Hot 100. Ces deux titres, situés aux positions 3 et 7 de la tracklist, illustrent la tension entre l’ambition artistique de Teena Marie et les mécanismes du marché. Ils étaient censés être les ambassadeurs de l’album, mais ils ne parvinrent pas à convaincre les radios mainstream. Lips to Find You, avec ses refrains accrocheurs, et Love Me Down Easy, plus rythmique, témoignent d’un travail de composition qui ne s’est pas traduit par des succès commerciaux.
Un bilan esthétique : un concept album qui a vieilli en beauté
Emerald City est un album qui a vieilli en beauté. Sa production, sa structure conceptuelle, son choix de collaborateurs comme Bootsy Collins, qui a fourni des voix sur la piste titre, ou Stanley Clarke, qui a joué de la basse sur Sunny Skies, en font un disque de qualité. Pourtant, il a été un échec commercial, ne parvenant qu’au numéro 20 du Billboard Black Albums et au numéro 81 du Billboard Albums. L’album s’ouvre sur Emerald City et se clôture sur Lead Me On, formant ainsi un cycle complet. Entre ces deux bornes, l’album traverse un territoire où le blues rencontre le soul, où le rock dialogue avec la voix de Teena Marie. Il reste un disque de référence, moins pour ses ventes que pour ce qu’il représente dans l’histoire de l’artiste et de la musique américaine des années 1980.
Fiche technique
- Sortie : 4 juin 1986 - Label : Epic - Titres : 13 - Ouverture / clôture : Emerald City / Lead Me On - Album précédent : STARCHILD (1984)
🎬 Les clips de l’album
7 clips · lecture à la suite
Titres
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🔥 Les tracks qui cartonnent
Classement Hip-Hop/R&B · semaine du 02/11/2026
- 1I Just Might— Bruno Mars
- 2Janice STFU— Drake
- 3What You Need— Tems
- 4Dead Fresh— Lil Baby
- 5Solar Eclipse— Drake & Don Toliver
- 6So Good— Jhene Aiko Featuring Kendrick Lamar
- 7WTF GOIN— Belly Gang Kushington & 21 Savage
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- 9Cold Shoulder— Drake, Don Toliver & Yebba
- 10AH HA— Cardi B



